5G : la guerre des prix aura bien lieu

Des smartphones compatibles 5G posés sur des tablettes tactiles

CONTINUITÉ - Sur un marché français où les quatre opérateurs se marquent à la culotte côté tarifs, il paraît désormais clair que la 5G ne coûtera pour l'essentiel pas plus cher que la 4G. Bonne nouvelle pour le consommateur, un peu moins pour les comptes des opérateurs.

Après ses concurrents SFR, Bouygues Telecom et Orange, c'est l'opérateur Free qui a annoncé mardi le lancement de son réseau mobile de cinquième génération. Un nouveau réseau, mais pas de nouvelles offres, et pour cause : si l'opérateur fait évoluer la technologie de son réseau, il laissera ses forfaits à leurs niveaux de prix actuels.

Pour le marché mobile français, c'est la dernière brique qui manquait à l'édifice, et aussi un peu la nouvelle que beaucoup redoutaient. Si les opérateurs comptaient sur l'arrivée de la 5G pour augmenter de quelques euros leurs forfaits, et si les premiers arrivés l'avaient fait, de cinq euros en général, ils vont devoir se résoudre à se relancer dès aujourd'hui dans la même guerre des prix qui avait rythmé le développement de la 4G jusque-là.

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Meilleure preuve : là où les premières offres 5G ne concernaient que les forfaits "premium" des opérateurs, plutôt que leurs marques d'entrée de gamme (Red pour SFR, B&You pour Bouygues, et Sosh pour Orange), les deux premiers ont récemment dévoilé des forfaits compatibles 5G, et comparables côté prix, à 25 euros chacun. Seul Sosh fait encore de la résistance.

Si la 5G au prix de la 4G est une mauvaise nouvelle pour les opérateurs, c'est parce qu'ils comptaient bien sur ces quelques euros de différence pour financer, au moins partiellement et pour quelque temps, les investissements liés au déploiement du nouveau réseau. Collectivement, les quatre opérateurs ont déboursé 2,789 milliards d'euros pour les seules licences 5G, sans compter le coût du réseau proprement dit.

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À côté du prix, Orange, Bouygues et SFR espèrent pouvoir afficher leur différence côté réseau. Depuis quelques semaines, les trois opérateurs affichent leurs ambitions de déployer ce qu'ils appellent la "vraie 5G", en clair un réseau qui utilise les fréquences dont ils viennent d'obtenir les licences, dans la bande des 3,5GHz, à même de délivrer des débits potentiellement dix fois plus rapides que la 4G. En face, quand Free 5G revendique un réseau de "5.255 sites actifs couvrant déjà près de 40% de la population", il parle en fait d'un réseau qui utilise ses sites existants, sur la bande des 700MHz. Avantage : une large couverture dès l'ouverture du réseau, et un signal qui porte mieux à l'intérieur des bâtiments. Inconvénient : des débits comparables à ceux de la 4G, sans plus, loin de la promesse originale de la 5G.

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Mais la différence devrait se gommer progressivement. D'abord parce que Free a lui aussi acquis des blocs de fréquences dans la bande des 3,5GHz, et que ses confrères et néanmoins concurrents devraient eux aussi faire usage de la bande des 700MHz pour améliorer leur couverture domestique. 

Les quatre opérateurs sont en revanche sur un pied d'égalité du côté du déploiement contrarié de la 5G. Si 150 villes grandes et moyennes devraient être couvertes d'ici la fin de l'année, les cas de  villes comme Lille, Nantes et Paris font l'objet d'une diplomatie toute particulière de la part des opérateurs, face à des maires qui ont décidé de lancer un "débat public" pour notamment répondre à un "besoin de transparence" au sujet de l'impact du déploiement de la 5G sur l'environnement ou la santé. Et si les maires ne peuvent légalement empêcher l'installation du nouveau réseau, les opérateurs et les pouvoirs publics ont toutefois assuré qu'ils prendraient en compte les réticences locales pour désamorcer un sujet devenu encore plus polémique depuis que la Convention citoyenne pour le climat a elle-même recommandé un moratoire cet été. Pour les opérateurs en tout cas, le lancement de la 5G commence à ressembler à tout, sauf à une bonne affaire.

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