Alstom-Bombardier : un contrat à 3 milliards d'euros en passe d'être signé avec la SNCF

SIGNATURE - Le Français Alstom et le Canadien Bombardier devraient signer d'ici la fin de l'année 2016 un contrat pour la construction de 270 RER nouvelle génération.

Le plus important contrat ferroviaire de France est en passe d'être attribué à Alstom et Bombardier. D'une valeur de 3 à 3,5 milliards d'euros, il a été lancé par la SNCF pour la construction des 270 "RER NG". Selon les informations du site Mobilettre relayées par Le Figaro, le constructeur français et le géant canadien, réunis en consortium, devraient vraisemblablement remporter l'appel d'offres depuis que le concurrent espagnol CAF a été écarté. Ce dernier avait déposé une offre, mais la SNCF a jugé que sa capacité de production industrielle était insuffisante pour remettre une "Best And Final Offer", BAFO. 

Au terme d'un audit réalisé par le cabinet Olivier Wyman, "la SNCF a considéré que CAF n'avait pas suffisamment démontré sa capacité à livrer 70 rames par an", indique Mobilettre. Cette insuffisance de capacité était apparemment le seul critère qui ne répondait pas aux exigences de l'entreprise ferroviaire, Mobilettre indiquant que CAF avait "répondu à toutes les spécifications techniques du cahier des charges", et ce pour un prix inférieur à celui proposé par Alstom lors du dépôt de son offre.

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Plus de 3000 emplois en jeu

L'annonce finale du vainqueur de l'appel d'offres est attendue pour la fin de l'année 2016. La construction de ces nouvelles rames sera dans un premier temps destinée au RER E, dont la prolongation en direction de l'ouest de Paris est prévue pour 2022. Le reste sera dédié au remplacement des rames du RER D. Dans le cadre de ce contrat à plus de trois milliards d'euros, quelque 371 trains pourront au total être commandés. Un véritable soulagement sur le front de l'emploi, tout particulièrement pour le constructeur français. Les usines de Valenciennes et de Crépin, dans le Nord, sont celles en charge de la production des rames RER. La signature d'un tel contrat permettra d'éviter au gouvernement et à Alstom un scandale semblable à celui de Belfort. Au total, 3200 emplois pourront être sauvés sur les deux sites d'usines.

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La préférence nationale joue-t-elle ?

CAF n'a cependant pas dit son dernier mot. Selon Le Figaro, le DG France de l'entreprise, Francis Nakache, a demandé à consulter le détail de l'audit et ne se prononce pas quant à un éventuel recours devant le tribunal. En septembre dernier, interrogé dans le cadre de l'affaire Alstom sur les perspectives de chances de CAF de l'emporter dans l'appel d'offres des RER NG, le chef d'entreprise avait fait part de sa confiance aux Echos, précisant que CAF avait "respecté tous les critères" souhaités par la SNCF. Il avait par ailleurs rappelé que "la notion de préférence nationale [était] interdite dans les appels d'offres publics".

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