Manuel Valls : "Le site d’Alstom de Belfort est sauvé !"

ANNONCES - La direction du groupe s'est réunie ce mardi avec les élus locaux, les syndicats et les représentants du gouvernement pour prendre connaissance du plan de l’exécutif, lequel consiste notamment en la commande de 15 TGV. La SNCF ,elle, commandera 20 locomotives de dépannage. Manuel Valls s'est aussitôt réjoui de ces nouvelles sur Twitter.

Quinze TGV à étages, qui s'ajoutent aux six destinés à la ligne Lyon-Turin, plus vingt locomotives dépanneuses : le gouvernement et Alstom ont annoncé mardi une pluie de commandes et d'investissements étalés sur quatre ans pour maintenir et développer l'activité du site, un temps menacé. Des annonces dont s'est félicité le Premier ministre sur son compte Twitter, déclarant que le site était "sauvé" :

Le secrétaire d'Etat à l'Industrie, Christophe Sirugue, est venu mardi à Belfort pour annoncer aux syndicats, aux élus locaux et à la direction d'Alstom trois commandes de trains.


D'abord 15 TGV Euroduplex (à étage) destinés aux lignes Bordeaux-Marseille et Montpellier-Perpignan. A 30 millions d'euros pièce environ, l'Etat dépensera 450 millions pour faire circuler ces trains à grande vitesse sur des voies ordinaires, "par anticipation de l'arrivée des lignes à grande vitesse" sur ces trajets, selon un document remis aux élus et aux syndicats.


Par ailleurs, la SNCF achètera 6 TGV spécialement adaptés à la liaison Paris-Turin-Milan, comme l'avait déjà indiqué le secrétaire d'Etat aux Transports Alain Vidalies, évoquant un montant de 200 millions d'euros. L'entreprise publique commandera en outre 20 locomotives diesel "destinées au secours des trains en panne", pour un montant non spécifié. 


De quoi garnir le carnet de commandes du groupe et fournir du travail aux chaînes de production du site de Belfort entre 2018 et 2020 environ. A partir de là, la production du "TGV du futur" pourrait prendre le relais de ces commandes si Alstom, déjà désigné pour la conception de ces rames de nouvelle génération, remporte l'appel d'offres pour la production programmée à partir de 2021. 

L'Etat et la SNCF ne sont pas les seuls à participer au sauvetage du site de Belfort. Alstom de son côté s'engage à investir 40 millions d'euros pour faire évoluer l'activité de son site historique. Un nouveau modèle de locomotive hybride ou diesel va ainsi être développé et produit à Belfort. Coût du projet : 30 millions d'euros. 


Le groupe dépensera également 5 millions d'euros pour moderniser les ateliers de maintenance ferroviaire sur le site avec pour objectif de doubler les effectifs consacrés à cette activité, soit 150 salariés à terme. Les 5 millions restants serviront d'ici 2020 à diversifier l'activité de l'usine en développant entre autres la production de bus électriques. 


"Il nous a semblé nécessaire d'élargir la palette de compétences du site de Belfort", a commenté le PDG d'Alstom, Henri Poupart-Lafarge, soulignant que ce projet de bus électrique "est en train de mûrir (mais) n'est pas encore au stade du lancement". 


Par ailleurs, le député-maire de Belfort, Damien Meslot (LR) a souligné que les collectivités allaient participer à l'effort en direction du constructeur à hauteur d'un million d'euros. Une somme qui servira à "électrifier une voie, ce qui va permettre d'accueillir un certain nombre de trains pour des révisions". 

Les syndicats, qui avaient appelé à la mobilisation mardi pendant la réunion autour du secrétaire d'Etat, Christophe Sirugue, se sont dits globalement satisfaits des annonces du gouvernement et de la direction du groupe. Environ 300 personnes s’étaient ainsi rassemblées pour réclamer un avenir pour leur usine. 


Les annonces du gouvernement vont "dans le bon sens, mais il faudra être vigilant", a réagi André Fages, délégué CFE-CGC du site de Belfort, qui espère que le privé prendra le relais des commandes publiques: "Nous ne pouvons pas compter que sur l'État", a ajouté le syndicaliste. De son côté, Pascal Novelin, délégué CGT du site, a estimé qu"’aujourd'hui, Belfort n'(était) pas rayé de la carte. Pas pour toujours, mais c'est déjà pas mal". 

Suite à l'annonce du plan de sauvetage du gouvernement des questions subsistent néanmoins. Comment par exemple imaginer que des TGV circulent sur des lignes à vitesse réduite ? Est-il nécessaire de commander des trains si chers pour finalement les installer sur des lignes Intercités ? Comme le précise le Figaro, les trains Intercités circulent à moins de 250 km/h, contrairement aux TGV dont la vitesse commerciale va jusqu'à 320 km/h. Selon le quotidien toujours, cette commande éventuelle va de pair avec la restructuration de l’activité Intercités souhaitée par l’Etat.

L'Etat se ridiculiseBenoît Hamon sur France Inter

Interrogé sur le sujet au micro de France Inter ce mardi matin, Benoît Hamon a regretté qu'"il faille une campagne présidentielle pour en arriver là". "L'Etat prend ses responsabilités" s'il commande des TGV destinés à circuler sur des lignes à vitesse réduite, "il se ridiculise parce qu'il n'a pas joué son rôle avant". Même si le candidat à la présidentielle évoque le côté "bricolage industriel de cette solution", il se "réjouit tout de même du maintien des emplois" du site. 

Fabienne Keller, sénatrice du Bas-Rhin et secrétaire nationale LR en charge des Transports, a pour sa part dénoncé l’absence de "réelle stratégie ferroviaire à moyen et long terme" du gouvernement et fustigé "une décision improvisée, qui peut même s'avérer contre-productive", qualifiant le plan de sauvetage du gouvernement de "rafistolage". 

Lire aussi

Lire aussi

En vidéo

JT20H – Belfort : le secret d’un site industriel qui perdure

VIDEO - Sauvetage d'Alstom à Berlfort : "Il y a eu des cris de soulagement"

En vidéo

Sauvetage d'Alstom à Berlfort : "Il y a eu des cris de soulagement"

VIDEO - L'annonce du secrétaire d'Etat à l'Industrie Christophe Sirugue pour sauver le site de Belfort. 

En vidéo

Alstom : le secrétaire d'Etat à l'Industrie, Christophe Sirugue annonce trois commandes de trains

Tout savoir sur

Tout savoir sur

La crise à Alstom Belfort

Sur le même sujet

Plus d'articles

Lire et commenter