Alstom : les pistes du gouvernement passées au crible

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DECRYPTAGE - Face à l’inquiétude entourant l’avenir du site d’Alstom à Belfort, le gouvernement a multiplié les pistes pour relancer l’usine historique du groupe. LCI fait le point sur le montant de ces annonces et leurs implications.

Après avoir dénoncé une décision brutale et inattendue, le gouvernement multiplie les annonces pour tenter de sauver l’usine historique Alstom de Belfort. A la clé, si tout se déroulait comme il le souhaitait, ce sont une douzaine de milliards d’euros de contrats qui pourraient relancer le carnet de commandes du groupe industriel, en difficulté sur le secteur ferroviaire national. Tout, cependant, ne dépend pas de son bon vouloir. Explications. 

Les transports franciliens

A lui seul, le réseau de transports d’Ile-de-France, en pleine mutation, supporte la quasi-totalité de l’enveloppe avancée par le secrétaire d’Etat aux Transports Alain Vidalies. De quoi irriter passablement la Région. Comme l’a rappelé ce mardi  sur Europe 1 le vice-président en charge des Transports Stéphane Baudet, elle n’a pas attendu l’exécutif pour accélérer le renouvellement de son parc roulant.


Quoi qu'il en soit, dans les prochaines semaines, sans doute au plus tard à la fin de l’année, le Syndicat de transports d’Ile-de-France (Stif) devrait acter l’attribution de plusieurs gros contrats, pour lesquels les appels d’offre ont déjà été lancés. Il s’agit de la réalisation des RER NG (Nouvelle Génération) qui équiperont les lignes E et D du RER à partir de 2021 ou 2022, pour un montant de 3,5 à 4 milliards d’euros. Viennent ensuite la production du Grand Paris Express - un contrat à 2 milliards d’euros - et l’attribution de la réalisation des tramways T9 et T10, dont la facture devrait  simplement tourner autour d’une centaine de milliers d’euros.  


A cela s’ajoute le renouvellement des quelque 150 rames du RER B pour un montant d’environ 2,8 milliards d’euros. Ce contrat  reste toutefois en suspens. Tout comme la production de métros pneumatiques censés équiper les lignes parisiennes en cours de prolongement.  Sur ce dernier dossier, une première commande a néanmoins déjà été passée à Alstom pour la ligne 14, finalisée en 2024. 


Si l’ensemble de ces contrats revenaient  à Alstom, il donnerait indéniablement une grande bouffée d’air au carnet de commandes du groupe. Pour autant, celui-ci devrait ajuster son organisation pour relancer le site de Belfort. Spécialisé dans le fret, il n'est concerné aujourd'hui par aucune de ces lignes de production. 

La SNCF

Du côté de la SNCF, outre le matériel roulant qu’elle exploite pour le compte de la région en Ile-de-France, Alain Vidalies a évoqué les négociations en cours entre la compagnie et Alstom pour la commandes de six TGV qui devraient assurer la ligne internationale Paris-Turin-Milan. Mais le grand flou entoure ce dossier. Néanmoins, le secrétaire d'Etat aux Transports s’est montré confiant sur la conclusion rapide d’un accord entre les deux groupes. 


Dans les tuyaux de la compagnie ferroviaire également, la réalisation du TGV du futur, dont la conception a justement été attribuée à Alstom. Mais rien ne dit, là encore,  que le groupe français remportera à l’avenir l’énorme contrat de production de ces futurs TGV, dont les premiers modèles devraient rouler  en 2021. Sur ce point aussi, l’influence du gouvernement reste limitée. 

Les trains régionaux

Le secrétaire d'Etat aux Transports l’a confirmé mardi : il va commander 30 rames pour les Intercités circulant en région. Montant de la facture, 400 millions. Relativement modeste, cette enveloppe en appelle une beaucoup plus élevée d’environ un milliard pour les trains régionaux circulant sur les lignes structurantes du réseau. Témoin de l’engagement du gouvernement sur le dossier Alstom, le cahier des charges qui prévoyait une vitesse de 220 km/h a été révisé à la baisse (200 km/h) pour permettre au constructeur français de concourir. Bruxelles, comme les voyageurs, apprécieront. 

VIDEO - Le gouvernement avance plusieurs solutions pour remplir le carnet de commandes du site belfortain. Parmi elles, des négociations directes avec la SNCF ou la RATP afin de construire de nouveaux trains ou nouvelles rames.

En vidéo

Alstom : les 5 pistes du gouvernement pour sauver le site de Belfort

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