Après-crise : la Cour des comptes préconise un effort sur la dépense publique dès 2023

ILLUSTRATION

ÉCONOMIE - La Cour des comptes a livré à l'exécutif mardi 15 juin un rapport sur la stratégie à adopter pour le rétablissement des finances publiques, considérablement mises à mal par la crise sanitaire.

"Quelles que soient les perspectives de croissance en sortie de crise, la crise sanitaire laissera des marques durables sur l’économie française et les finances publiques", constate la Cour des comptes. Après une année de "quoi qu'il en coûte", les Sages ont rendu leur rapport, demandé en février dernier, concernant le rétablissement des finances publiques de l'après crise. 

Toute l'info sur

Covid, et après ?

Constat : la Cour préconise, non pas l'austérité, mais des efforts pour ralentir la progression des dépenses à partir de 2023. Car depuis mars 2020, afin de soutenir les ménages et les entreprises, la dette de la France a gonflé pour atteindre 115,1% du PIB l'an dernier. Elle devrait encore augmenter cette année autour de 117%, selon le gouvernement, malgré le retour attendu de la croissance. Un déficit qui dépassera donc le seuil de 3% fixé au sein de l'Union européenne. 

Une décrue de l'endettement public à compter, au plus tard, de 2027

S'il n'y a pas d'inquiétude de financement à avoir à court terme du fait de la faiblesse des taux d'intérêt, la Cour juge "souhaitable une stratégie de finances publiques qui allierait renforcement de la croissance et réduction progressive du déficit public". "Il y a deux erreurs à éviter : oublier la croissance et ne compter que sur la croissance", défend ainsi le premier président de la Cour Pierre Moscovici.

L'effort sur le déficit doit débuter "quand la crise sanitaire sera circonscrite et l'activité aura suffisamment rebondi", soit à partir de 2023, estime la Cour. La fin 2021 et le début 2022 doivent servir "à sortir progressivement" des mesures de soutien. Elle prône "une réduction du rythme d'augmentation des dépenses" qui permettrait "une décrue de l'endettement public au plus tard à compter de 2027".

"Ce n'est pas simple, mais c'est incontournable", souligne Pierre Moscovici.

Lire aussi

La Cour ne donne pas de rythme précis, ni ne commente à ce stade l'ambition du gouvernement de ramener la progression des dépenses à + 0,7% par an jusqu'en 2027. Elle évoque cependant trois scénarios, l'un où l'augmentation de la dépense est de + 0,6% par an à partir de 2023, un autre à + 0,3%, et un dernier où les dépenses se stabilisent. 

Elle plaide simplement pour qu'une trajectoire soit votée dans une loi de programmation à l'automne 2022. 

Mais où chercher les économies ? Pour la Cour, des réformes doivent être réalisées "dans cinq secteurs prioritaires" : les retraites, l'assurance-maladie, les minimas sociaux, la politique de l'emploi et celle du logement. Là encore, la Cour ne tranche pas sur le contenu des réformes, s'assurant de ne pas trop empiéter sur le champ de la décision politique.

Sur le même sujet

Les articles les plus lus

EN DIRECT - Covid-19 : plus de 25.000 nouveaux cas en 24h, 22 décès enregistrés

Catalogne, Pays-Bas, Royaume-Uni... Comment expliquer la baisse de l'épidémie chez nos voisins ?

Variant Delta : avec deux doses, les vaccins Pfizer et AstraZeneca presque aussi efficaces que contre l’Alpha

Variant Delta : où se contamine-t-on le plus ?

"Nous sommes passés de Socrate à Francis Lalanne" : le discours cinglant d'un sénateur contre les anti-vaccins

Lire et commenter
LE SAVIEZ-VOUS ?

Logo LCI défend l'ambition d'une information gratuite, vérifiée et accessible à tous grace aux revenus de la publicité .

Pour nous aider à maintenir ce service gratuit vous pouvez "modifier votre choix" et accepter tous les cookies.