Après la polémique, l'ancien dirigeant de Carrefour renonce à son indemnité de départ

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ENTREPRISE - L'ancien dirigeant de Carrefour, Georges Plassat, a décidé de renoncer au versement de son indemnité de départ. D'un montant brut de 3,9 millions d'euros, elle avait été jugée "choquante" par le gouvernement dans le contexte de restructuration du groupe et de perte d'emplois.

3,9 millions d'euros. Un chiffre qui a fait grincer bien des dents, à tel point que l'ancien PDG de Carrefour a dû y renoncer. Georges Plassat, qui a quitté le groupe en juillet 2017 à l'âge de 68 ans et a fait valoir ses droits à la retraite,  a "décidé de renoncer à l'application de la clause de non concurrence qui lui avait été octroyée et donc au versement de l'indemnité de départ correspondante", précise Carrefour dans un communiqué. L'ancien dirigeant a pris cette décision "en raison de l'incompréhension qui entoure les conditions financières de son départ", poursuit Carrefour. 

Les actionnaires de Carrefour avaient voté vendredi à 68% l'octroi à Georges Plassat d'une rémunération de 13,17 millions d'euros en 2017. Cette somme comportait près de 4 millions d'euros d'indemnité de départ sous forme d'un engagement de non-concurrence. Cette clause devait en théorie assurer que Georges Plassat ne devienne pas dirigeant d'un groupe concurrent de Carrefour, un cas de figure pourtant peu probable compte tenu de son âge (68 lors de son départ à la retraite) et de ses problèmes de santé.

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Une rémunération "choquante"

Cet énorme chèque avait suscité la colère des syndicats du groupe, en pleine restructuration, la CFDT dénonçant une somme "dépourvue de toute exemplarité" et "déconnectée" des résultats du distributeur. "Que l'échec soit récompensé par des rémunérations très élevées, c'est incompréhensible et choquant", avait aussi jugé samedi le ministre de l'Economie Bruno Le Maire, avant l'annonce de M. Plassat. 

Carrefour est en effet engagé dans un sévère plan de restructuration sous la direction du nouveau PDG Alexandre Bompard, avec des milliers de suppressions d'emplois annoncées en janvier. "Les anciens dirigeants de Carrefour ont laissé une situation très dégradée, cette situation a amené la nouvelle direction à prendre des mesures de restructuration qui vont se traduire par des pertes d'emplois et des fermetures de magasins. On ne peut sanctionner cet échec par des rémunérations élevées et une telle prime de départ", a estimé le Bruno Le Maire.

L'Association française des entreprises privées (Afep) et le Medef ont annoncé de leur côté qu'ils publieraient de leur côté "une version renforcée du code de gouvernement d'entreprise dans les prochains jours" afin d'éviter les écarts constatés récemment".  Georges Plassat a également reçu une rémunération - fixe et variable - de 1,7 million d'euros bruts au titre de 2017 ainsi qu'un plan de rémunération à long terme de 6,6 millions bruts.

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