Bourse : un an après, la crise sanitaire compte ses gagnants

Si les indices comme le CAC40 ont rattrapé leur retard, ils traduisent la moyenne de grands perdants... et de grands gagnants

TOUS COMPTES FAITS - Un an après que les marchés financiers ont décroché face à la menace sanitaire, les grands indices boursiers se sont remis sur les rails. Mais, prises une à une, on trouve les entreprises meurtries par la crise et celles qui ont été propulsées. Même en France, certaines ont plus que doublé de valeur.

Quand on pense aux "gagnants de la crise du Covid", on pense d'abord à l'Amérique, aux GAFA, et plus généralement à toutes les entreprises dont le business était compatible avec la pandémie. Parce qu'ils permettaient de travailler, de se divertir, ou de faire son shopping à distance, et de chez soi. En ce sens, une année de pandémie a dopé les affaires et les cours de bourse de géants comme Amazon (+60%), Google (+53%), Netflix (+45%), Microsoft (+40%), ou Apple (+72%). Mais surtout, elle a fait naître de nouveaux géants, tel Zoom, le service de visioconférence dont le nom est presque devenu un verbe, pendant que le cours de son action triplait sur le Nasdaq.

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Coronavirus : l'impact économique de la pandémie

En France, on n'a pas de GAFA, mais on a quand même toute une série d'entreprises cotées qui ont vu leurs affaires propulsées par les exigences de la crise sanitaire, souvent dans les mêmes proportions que les géants d'outre-Atlantique. Des affaires florissantes, mais de manière plus ou moins directe et des noms souvent largement ignorés du grand public... mais pas tous. 

Ainsi, CAC40 et SBF120 réunis, l'entreprise française qui a vu son cours grimper le plus fort du fait du Covid, c'est Trigano. Oui, Trigano, la société spécialiste historique du matériel de camping, créée en 1935, mais surtout devenue grande spécialiste du camping-car, qui représente aujourd'hui plus de 90% de son chiffre d'affaires. Si le tourisme a payé un lourd tribut à la pandémie, c'est vrai pour l'hôtellerie et les voyages... mais pas pour le camping-car, une solution touristique compatible avec la crise sanitaire, dont les ventes chez Trigano ont grimpé de 29% sur l'année, propulsant l'action vers une hausse de 140%. Pas mal, pour du made in France bientôt centenaire.

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Gagnantes, les valeurs technologiques

Dans le haut du panier des hausses boursières de l'année, on trouve aussi des entreprises high-tech plus habituées des colonnes de la presse financière, que l'on parle de Soitec (composants électroniques, +126%), ou de Cap Gemini (services informatiques, +45%). La première a profité de la pénurie de semi-conducteurs suite au choc du début de la pandémie, pénurie dopée par la demande exceptionnelle de produits high-tech en tous genres, du fait du confinement et de l'explosion du télétravail. La seconde, de besoins soudains pressants des entreprises forcées d'adapter leurs outils informatiques au "tout à distance", entre autres.

Et puis, il y des entreprises dont l'activité, à ce jour encore, est en prise directe avec l'évolution de l'épidémie. C'est le cas  d'Eurofins, qui opère un réseau de laboratoires d'analyses, fonctionnant à plein régime depuis que les tests PCR sont devenus largement disponibles. De quoi faire grimper l'activité de près de 30%, et le cours de l'action de plus de 60% sur l'année écoulée. 

Dans la même veine, sans mauvais jeu de mot, se trouve Sartorius, spécialiste de l'équipement des laboratoires pharmaceutiques, chez qui l'on n'avait jamais dû créer si vite autant de nouvelles lignes de production pour des vaccins à fabriquer dans l'urgence sanitaire. L'entreprise a vu sa valeur doubler depuis le premier confinement.

Les valeurs du "home sweet home" plébiscitées

Enfin, si les valeurs de la distribution (Carrefour, Système U, etc.) ont profité d'une activité soutenue, les valeurs qui tiennent le haut du panier sur l'année passée sont souvent celles du "home sweet home", sous toutes ses formes, dans une période où les Français ont orienté une bonne partie de leurs achats dans une maison où ils n'avaient jamais passé autant de temps. De quoi expliquer les hausses de Somfy (+63%), de Maisons Du Monde (+52%), ou de Vilmorin, côté jardin (+40%). Des hausses d'aubaine, mais qui pourraient se confirmer dans le temps. 

Cette année, ce sont les constructions et les rénovations de maisons qui sont en hausse, dans un marché immobilier toujours dopé par des taux d'intérêt très bas... et par des envies d'espace et de verdure pour ceux qui viennent de passer une année de télétravail sans précédent.

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Reste qu'aucun de ces grands gagnants de l'ère Covid n'arrive à la cheville d'une autre entreprise, qui dans le même temps a grillé les étapes, voyant son cours grimper de près de 400%, une hausse qui restera parmi les records de la place de Paris. L'entreprise, c'est McPhy Energy, spécialiste de la production d'hydrogène par électrolyse, une activité qui n'a rien à voir avec le Covid et a profité d'une toute autre conjoncture, celle de l'annonce du "Plan hydrogène" du gouvernement, ainsi que des milliards d'investissements qui y seront dirigés dans les années à venir.

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