Brexit : Boris Johnson veut-il vraiment signer un accord avec l’UE ?

Brexit : Boris Johnson veut-il vraiment signer un accord avec l’UE ?

NÉGOCIATIONS - Le Royaume-Uni et l’Union européenne (UE) ne parviennent pas à se mettre d’accord pour encadrer leurs relations post-Brexit. Les Britanniques refusent de faire la moindre concession et se disent prêts au no deal.

Les négociations n’avancent plus. Dans un communiqué commun publié lundi soir, le chef du gouvernement britannique Boris Johnson et la présidente de la Commission européenne Ursula Von Der Leyen ont reconnu que "les conditions ne sont pas réunies pour un accord". Ils se retrouveront toutefois ce mercredi à Bruxelles pour tenter de sortir de l'impasse. Trois points cristallisent les blocages : laisser aux pêcheurs européens un accès aux eaux britanniques poissonneuses, protéger les entreprises contre la concurrence déloyale britannique (notamment en matière d'aides d'État, d'environnement, de droit du travail et de fiscalité) et organiser la gouvernance de ce futur traité commercial afin de régler d’éventuels litiges.

En l’état, au 1er janvier 2021, aucune réglementation ne régirait les relations commerciales entre le Royaume-Uni et l’UE. Avec des conséquences économiques potentiellement catastrophiques des deux côtés de la Manche.

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Boris Johnson prêt au no deal

À Londres, Boris Johnson agite le chiffon rouge du no deal. Il répète sans discontinuer qu’il n’étendra pas le processus de négociation, comme le lui permet pourtant l’accord de transition signé en octobre 2019. Il préfère aucun accord à un mauvais accord. "Je ne veux pas particulièrement qu'on aboutisse à une relation comme celle avec l'Australie ou basée sur les règles de l'Organisation mondiale du commerce, mais nous pouvons très bien vivre avec ça", estimait-il sur la BBC début octobre. "Il y a toutes les chances que les négociations échouent", a ajouté ce lundi son gouvernement.

"Brexiter" de la première heure, "Bojo" avait, en partie, fait annuler cet accord de transition à la Chambre des communes en septembre dernier. Les députés britanniques sont notamment revenus sur la possibilité pour l’Irlande du Nord de rester alignée sur les normes du marché communautaire européen après la sortie de l’Union douanière. Les Européens craignent une résurgence de violences autour de la frontière irlandaise. Michel Barnier, le négociateur en chef de la délégation européenne, avait alors déploré "l'absolue mauvaise volonté des Britanniques à négocier quoi que ce soit".

Un recul et des doutes

Devant la ténacité des 27 États membres de l’UE, pour une rare fois unis et déterminés, Boris Johnson s’est mis à douter. Il a d’abord remercié mi-novembre son plus proche collaborateur, Dominic Cummings, défenseur acharné du no deal, à l’influence démesurée pour beaucoup de Conservateurs britanniques. Le Royaume-Uni a surtout fini par accorder unilatéralement des dizaines d’équivalences réglementaires à l’Union européenne dans le secteur financier.

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En réalité, aucune des deux parties ne pourrait assumer auprès de leurs électeurs de devenir celle qui mettra fin à ces négociations sans trouver un accord. Les enjeux politiques et économiques dépassent toute question de fierté. Boris Johnson risque surtout de perdre le soutien de son parti et de son peuple. D’après une étude du Pew Research Center, 60% des Britanniques interrogés ont une opinion favorable de l’UE. Jamais les Britanniques ont autant eu confiance dans les institutions européennes.

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