Budget : quelles dépenses Hollande laissera-t-il à son successeur ?

ÉCONOMIE
FINANCES - Pour son dernier budget, le gouvernement multiplie les dépenses dont la charge pèsera pour certaines jusqu’en 2019. Un cadeau empoisonné que n’a pas manqué de dénoncer l’opposition. Explications.

Un dernier budget dispendieux ? Après les efforts fournis pour réduire le déficit au cours du quinquennat, le budget 2017 laisse un goût amer à l’opposition en raison des nombreuses dépenses annoncées ces derniers mois et dont le coût sera en partie reporté à 2018 et 2019. 


Pour rappel, si les prévisions du gouvernement se confirme, le déficit public aura été ramené de 4,8% en 2012 à 3,3% cette année. "Au cours des dernières années, les efforts de maîtrise de la dépense publique ont été sensibles. La progression en volume a été ralentie : 0,8 % par an hors crédits d’impôt en moyenne entre 2010 et 2015 contre 2,3 % entre 2000 et 2009", rappelait ainsi le Haut Conseil de finances publiques (HCFP) dans son avis rendu fin septembre sur le projet de budget 2017. 

11 milliards de dépenses en 2017

Néanmoins, le HCFP ne s’est pas montré tendre avec le Projet de loi de finances (PLF) actuellement en discussion à l’Assemblée. Il juge, entre autres, la réduction de déficit à 2,7% l’an prochain "improbable". En cause, notamment "les risques pesant sur les dépenses". 


Il faut dire que l’année a démarré fort en termes de promesses à l’intention des chômeurs, des éleveurs ou encore des fonctionnaires. Et le rythme n’a pas flanché depuis, avec par exemple les annonces en direction d’Alstom ou le vaste programme de constructions de 33 nouveaux établissements pénitentiaires. Au final, le coût de ces mesures atteindrait 11,1 milliards d’euros en 2017, estime le président LR de la commission des finances Gilles Carrez. Plus que les 7,4 miliards annoncés par Bercy.

Tour de passe-passe fiscal pour les entreprises

Si une grande partie des promesses de l’exécutif sont compensées par des économies prévues dans le PFL 2017, des points noirs budgétaires subsistent néanmoins. En premier lieu, le choix de remplacer les baisses d’impôts annoncées dans le cadre du pacte de responsabilité par des crédits d’impôts. Si la subtilité permet au gouvernement de financer ses annonces,  elle implique le report en 2018 de la charge budgétaire de ce nouveau coup de pouce fiscal aux entreprises. Coût de l’opération : 3,3 milliards d’euros. 

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Une autre dépense s’inscrit au long cours : la revalorisation du salaire des fonctionnaires. Après cinq ans de gel, le point d’indice a été revalorisé en juillet et le sera une seconde fois en février. Les salaires des fonctionnaires, notamment des profs, doivent également être augmentés avec un étalement de 2017 à 2020. Après 1,2 milliard d’euros en 2017, cette revalorisation devrait peser 2,4 milliards sur les dépenses de l’Etat en 2018 et 3,2 en 2019, note Le Figaro ce vendredi. 

L’inconnu du soutien à EDF et Areva

Enfin, le flou persiste sur le montant des recapitalisations d’EDF et Areva qui devraient intervenir dans les mois qui viennent. Lors de la présentation du budget 2017, le gouvernement  a justifié la hausse de 2,7 à 5,4 milliards d’euros alloués aux "comptes spéciaux" par les besoins nécessaires aux possibles recapitalisations d’entreprises.  Si Bercy travaille à trouver des partenaires susceptibles de soutenir Areva, l’Etat devrait assumer la plus grosse part des 5 milliards d'euros d’augmentation de capital du groupe nucléaire français. Des dépenses encore en pointillé qui demandent à être quantifiées. 


Reste maintenant l’échéance électorale dans le cadre de laquelle un bon nombre de ces cartes pourraient être rebattues. Pour exemple, pas moins de trois lois de finances rectificatives ont été adoptées en 2012.

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