CARTES – Chômage en Europe : où en est-on ?

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DÉCRYPTAGE – S’il a baissé dans la zone euro, pour atteindre son plus bas niveau depuis sept ans (9,5%), le chômage continue de toucher durement certains pays d’Europe, ceux du sud en tête. Explications, infographies à l’appui.

De grandes disparités demeurent. S’il a baissé dans la zone euro, pour atteindre son plus bas niveau depuis sept ans (9,5%), le chômage continue de toucher durement certains pays d’Europe (voir les cartes ci-dessous), ceux du sud en tête, comme le montrent les chiffres publiés lundi par l'Office européen des statistiques Eurostat. Même chose, en pire, pour ce qui est du chômage des jeunes de moins de 25 ans, souvent plus de deux fois supérieur au taux global et qui, là-encore, frappe particulièrement la Grèce (45,2%), l’Espagne (41,5%) ou encore l’Italie (35,2%). 


Mieux lotie que ses voisins méridionaux, la France (10% de chômage global, 23,6% de chômage des jeunes) n’est pas bonne élève pour autant. L’Hexagone, qui stagne à ce niveau depuis novembre 2016, se situe en effet loin de l'Allemagne (3,9%) ou du Royaume-Uni (4,6%) par exemple - il faut cependant noter que ces deux pays comptent bien plus de travailleurs pauvres comme le montre leur taux de pauvreté de 16,7% chacun, contre 13,6% pour la France. Et elle est tout juste au-dessus de la moyenne des 19 pays de la zone euro (9,5%) ainsi que deux points au-delà de la moyenne des 28 pays de l’Union européenne (8%, soit le taux de plus faible depuis janvier 2009). La thématique de l’emploi reste d’ailleurs l’une des plus importantes pour les électeurs français à quelques semaines du scrutin présidentiel. 

Clé du retour à l’emploi, la croissance européenne repart

Eurostat estime qu’en février 2017, 19,750 millions d’hommes et de femmes étaient au chômage dans l’Union européenne, dont 15,439 millions dans la zone euro. Sur un an, par rapport à février 2016, le chômage a baissé de 1,852 million (-0,9%) de personnes dans l’UE et de 1,246 million (-0,8%) dans la zone euro. De quoi entrevoir une reprise ? "Le marché du travail bénéficie de la croissance solide de la zone euro et d'une confiance économique robuste", juge Howard Archer, économiste chez Markit, société d’information économique. Selon les prévisions de la Commission européenne, la croissance de la zone euro devrait en effet atteindre 1,6% en 2017 et 1,8% en 2018, après 1,7% en 2016. 


Faisant allusion aux élections à venir en France ou en Allemagne, aux négociations sur le Brexit ou aux incertitudes qui pèsent sur la politique étrangère de Donald Trump notamment, l’analyste met néanmoins en garde contre "des incertitudes politiques et économiques" qui pourraient "rendre les entreprises plus prudentes dans leurs perspectives d'emplois". Et là-encore, les contextes nationaux devraient largement jouer. Preuve en sont les prévisions de croissance pour 2017 qui varient, par exemple, de 1,3% en France ou 1,4% en Allemagne - en-dessous de la moyenne - à 2,2% en Espagne ou 2,7% en Grèce - au-dessus de la moyenne. Peut-être de quoi permettre d'envisager un nivellement des grandes disparités qui, pour l’heure, continue de demeurer. 

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