Caténaires sectionnées, blocages, pétards : la SNCF porte plainte après une cinquantaine d'incidents ce lundi

ECONOMIE
TENSION - Blocages, ruptures de caténaires, passage à niveau en dérangement, pétards placés sur les voies ou encore passage à niveau dégradés... la SNCF a dénoncé ce lundi de nombreuses exactions, une cinquantaine selon elle, commises par des cheminots. Des actions isolées assurent les syndicats. Des dizaines de plaintes ont été déposées

Le conflit à la SNCF s'est brutalement durci ce lundi matin. La compagnie a recensé une cinquantaine d'incidents et d'actes de malveillance dans toute la France. Du jamais vu dans ces proportions, indique même la direction de la SNCF à LCI. 


Le premier d'entre eux s'est déroulé dans la nuit : une rupture de caténaire à Gaillon dans l'Eure a causé l'interruption du trafic entre Paris et la Normandie jusqu'à 9h ce matin. Il a fallu attendre plus de 10h pour un retour à la normale. La direction a annoncé qu'elle porterait plainte. 

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Ce n'était qu'un début. "Un peu avant 6h en gare de Marseille-Saint-Charles, nous avons constaté une rupture de caténaire" entrainant de grosses perturbations sur le trafic TER, nous indique la communication de la SNCF. "D'après les premières investigations, il s'agirait là aussi d'un acte de malveillance, une enquête est en cours." Des manifestants sont également "descendus sur les rails pour empêcher le départ des premiers trains".


En Normandie, des personnes s'en seraient pris aux passages à niveau. " On a eu un dérangement sur un passage à niveau sur la commune de Gonfreville-l'Orcher, près du Havre. Il s'agit d'un sabotage avéré", assure la direction de la SNCF. "Quand le passage à niveau est en dérangement, les trains doivent s'arrêter ou circuler à très faible vitesse, rouler au pas, donc ça ralentit considérablement le trafic et surtout ça représente de gros dangers au niveau de la sécurité", nous précise-t-on. A Harfleur, ce sont des fils qui ont été sectionnés dans une guérite à un passage à niveau. Toujours près du Havre, des guérites de signalisation ont été vandalisées.

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Dernières exactions commises : des blocages. Des gares, des locaux de contrôleurs, des parkings ont été bloqués parfois à l'aide de traverses. Si ce type d'actions est déjà survenu par le passé, il n'ont jamais été aussi denses et nombreux selon la direction. Au total, une quinzaine de plaintes ont été déposées selon la SNCF. 


Samedi dernier, le numéro 2 de la SNCF avait averti que la direction serait inflexible en cas d'incidents volontaires. "Certaines organisations syndicales souhaiteraient commettre des exactions, des blocages de gares par tous les moyens" indiquait alors Mathias Vicherat au micro de LCI. "Évidemment, nous les condamnons d’avance, nous prenons les moyens nécessaires en amont pour les éviter, avec les services de police." 

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"S'il y a des exactions, elles n'ont pas été fomentées par aucune organisation et cela aura été décidé par des cheminots au cœur de la grève", indiquait Bruno Poncet ce week end, secrétaire général de Sud Rail. "Il faut arrêter de miser sur la peur et laisser les cheminots faire une grève normale" jugeait-il encore ce lundi matin. Il préfère mettre en avant le sursaut de mobilisation au 18e jour de grève  : 27,58% de grévistes au total, et 74,4% des conducteurs en grève.


Face à ces actions, la SNCF n'a pas changé de discours : "à chaque fois qu'on a l'assurance qu'il s'agit d'un acte de sabotage, il y a un constat de huissier qui est réalisé et un dépôt de plainte qui suit." Les auteurs, pour le moment, n'ont pas été identifiés. 

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