Ce second confinement aura été moins "mortifère" pour l'économie que le premier

Ce second confinement aura été moins "mortifère" pour l'économie que le premier

CROISSANCE - Si la France est en confinement, l'ouverture des écoles, des services publics et la possibilité élargie à plusieurs secteurs de continuer leur activité semblent épargner l'économie dans sa globalité.

"Des bonnes nouvelles, il y en a quand on cherche un peu." Interrogée vendredi 4 décembre sur LCI, Olivia Grégoire a indiqué qu'en dépit de la crise sanitaire, il y avait quelques bons signaux à relever sur le plan économique. La secrétaire d'État à l'Économie sociale et solidaire a notamment assuré que ce second confinement avait été "trois fois moins" mortifère pour l'économie du pays que le premier. Preuve selon elle que Bercy a tiré les leçons du printemps dernier.  Un chiffre légèrement grossi mais proche des dernières prévisions.

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Une chute du PIB de 12 points en novembre

Contacté par LCI.fr, le cabinet de la ministre a précisé qu'elle s'appuyait sur la dernière enquête de conjoncture, menée par la Banque de France. Sur la base des réponses de près de 8500 entreprises, interrogées entre le 28 octobre et le 4 novembre, cette institution a pu "fournir une première photographie de l'impact" des mesures prises cet automne sur l'activité économique du pays. Publiés le 9 novembre 2020, les résultats sont sans appel. Si les conséquences sont bien évidemment "inégales" en fonction des secteurs, on pense notamment au tourisme, la "perte d'activité en novembre serait plus différenciée et plus limitée que lors du premier confinement". La Banque de France estime ainsi que la perte de PIB par rapport au niveau observé avant la pandémie de coronavirus serait de 12% en novembre. Un chiffre forcément plus élevé que celui d'octobre (-4%) mais très en deçà de ce qu'a pu connaitre le pays au printemps dernier. En avril, le PIB avait chuté de 31%, soit 2,5 fois de plus que les prévisions de cette fin d'année. 

Rien d'étonnant finalement. Principal critère de différence, comme le note la ministre, "les écoles ouvertes ont  permis de maintenir une vie économique", les parents n'étant plus retenus à la maison pour s'occuper de l'instruction de leurs enfants. L'activité a donc pu continuer, et notamment dans l'industrie ou dans le bâtiment, et les entreprises ont bénéficié des observations faites pendant le premier confinement. Aussi bien du côté de l'organisation du télétravail que de la mise en place des protocoles sanitaires au sein des espaces de travail. C'était le pari fait par le gouvernement de cette mise sous cloche allégée.

Le bâtiment et l'automobile épargnés

In fine, d'après l'enquête de la Banque de France, seuls les secteurs de l'hôtellerie, directement affectés par l'interdiction de déplacement, et surtout de la restauration, tout bonnement fermés, "retomberaient en novembre à des niveaux d'activité se rapprochant de ceux d'avril". D'autres secteurs tirent au contraire très clairement leur épingle du jeu. C'est le cas de l'automobile et du bâtiment, frappés de plein fouet en avril mais qui anticipent l'être assez peu cette fois-ci. 

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À noter que ce ne sont pour le moment que des prévisions. Les nouvelles pourraient s'empirer. Mais aussi être au contraire encore meilleures. Tandis que la Banque de France avait prévu, le 8 octobre dernier, que l'Hexagone perdrait 5% de son PIB à la rentrée, la publication des comptes pour le troisième trimestre de 2020 a montré "une reprise encore plus vigoureuse pendant l'été que ce qui avait été d'abord estimé". Ce qui avait amené l'institution à revoir à la hausse son estimation, faisant passer les pertes pour septembre à 3,5%.

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