Ces combines auxquelles les VTC vont peut-être devoir dire adieu

Ces combines auxquelles les VTC vont peut-être devoir dire adieu

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ECONOMIE – Pour monter et assurer la pérennité de leur modèle économique, les VTC profitent de nombreux avantages. Des entreprises sans salarié, des smartphones comme support exclusif... Metronews revient sur ces astuces tant décriées par les taxis et que le rapport Thévenoud rendu public jeudi propose de réguler.

Pour assurer leur modèle économique, les entreprises de voiture de tourisme avec chauffeur (VTC) ont trouvé nombre d'astuces. Véhicules géolocalisables sur smartphones, faible réglementation du marché... Ces avantages, qui suscitent l'ire des sociétés de taxis, devraient toutefois être limités si le rapport Thévenoud, rendu public jeudi, entre bien en application.

Première particularité de ces entreprises de VTC, et la plus controversée : elles n'ont presque aucun salarié . La majorité de leurs chauffeurs s'enregistrent en effet sous le régime "auto-entrepreneur" pour bénéficier notamment de l'exonération des charges patronales. "La vraie concurrence déloyale est là. Le recours industrialisé au statut d'auto-entrepreneur crée une vraie distorsion de concurrence entre les taxis artisans et les nouveaux VTC", regrette Camille Rechard , président de la fédération des VTC, qui représente les entreprises historiques du secteur. Contacté par metronews, Yan Hascoet, PDG de Chauffeur-Privé et l'un des leaders de la nouvelle vague de VTC, veut "démentir ces rumeurs". "Nous avons transmis les chiffres au député Thomas Thévenoud et il n'y a que 25% environ de chauffeurs auto-entrepreneurs", assure-t-il.

"Oui, certains acteurs de la profession se comportent comme des bandits"

Autre point de discorde, et surtout autre avantage fiscal : beaucoup de VTC se dispensent de l'assurance pour le transport de personnes. "Elles sont obligatoires pour les taxis, alors qu'eux peuvent s'en passer", déplore la vice-présidente de la fédération nationale des artisans du taxi, Nadine Annet , auprès de metronews. "Dans mon entreprise, tous nos chauffeurs ont cette assurance", déclare de son côté Yan Hascoet.

Les patrons de ces chauffeurs rémunérés à la course (l'entreprise prélève une commission de 20% en général) fixent également leurs règles salariales assez librement. Ils profitent en effet de l'absence de salarié pour ne pas négocier d'éventuels droits avec les syndicats. Ils peuvent ainsi fermer les yeux sur la détention d'un diplôme, comme c'est exigé pour les taxis, ou sur le temps de travail, qui n'est pas limité.

Le modèle économique des VTC repose enfin sur les nouvelles technologies. La généralisation des smartphones, pour entrer en contact avec le client, a ainsi permis de rationaliser les coûts et de les réduire. Le rapport commandé par le gouvernement bouleversera-t-il toutes les économies réalisées par les VTC ? "Nous serons attentifs et nous contesterons les mesures que nous jugerons injustes", prévient le patron de Chauffeur-Privé, avant d'admettre : "Oui, certains acteurs de la profession se comportent comme des bandits, mais il ne faut pas généraliser".

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