Choc de simplification : "Nous n'en sommes qu'au début de la montagne"

Choc de simplification : "Nous n'en sommes qu'au début de la montagne"

INTERVIEW – Le premier volet de mesures de la simplification administrative engagée par le gouvernement a été dévoilé lundi. Bernard Gaud, patron du Medef Rhône-Alpes et président de la commission Simplification du Medef, revient pour metronews sur ces mesures à destination des entreprises.

Le Medef appelait à ce choc de simplification. Que pensez-vous des 50 mesures annoncées lundi  ?
Nous sommes indiscutablement sur la bonne voie. Sur la forme, on voit que le tandem d'un politique et d'un chef d'entreprise, Thierry Mandon et Guillaume Poitrinal, est un attelage qui fonctionne bien. Sur le fond, pour la première fois, on arrive à un certain nombre de mesures dont certaines sont très concrètes et d'application immédiate.

Lesquelles vous semblent les plus pertinentes ?
Il y en a par exemple qui touchent le secteur de la construction, qui souffre énormément. Le raccourcissement des délais, la suppression d'un certain nombre de consultations y auront des effets immédiats. Autre application importante, même si elle semble très technique en apparence : le développement du "rescrit". Le fait qu'un chef d'entreprise puisse interroger par écrit l'administration en cas de doute sur l'application d'une norme, et que celle-ci soit obligée de lui répondre, c'est un énorme changement de nature dans leur relation ! Jusqu'à présent, c'est plutôt une non-réponse que l'on obtenait.

Le patronat se plaint régulièrement d'un excès de normes en France. Selon vous, un réel frein peut-il y être mis ?
Il y a deux choses : le stock et le flux. A mon avis, nous sommes bien partis pour réduire le stock de normes existant. Le risque, c'est qu'il ne se reconstitue à cause d'un flux permanent. Prenons l'exemple de l'une des mesures de la réforme des retraites, le compte pénibilité. C'est une usine à gaz qui se prépare ! Il va recréer là une complexité administrative qui compensera largement les gains obtenus par ailleurs. Il y a urgence en la matière : on estime aujourd'hui à 400 000 le nombre de normes existantes en France. Et il faut savoir qu'à ce jour, un préfet reçoit chaque année 80 000 pages à lire de normes, instructions, et circulaires en tous genres !

A combien estimez-vous le gain potentiel de cette fluidification du travail des entreprises  ?
Certains ont parlé de plusieurs dizaines de milliards d'euros, mais cela me paraît excessif. Si nous arrivons à redonner 10 milliards de compétitivité à nos entreprises, le chiffre avancé par les différents rapports sur le sujet, ce serait déjà considérable.

Que faut-il faire désormais pour aller plus loin ?
Il y a en particulier beaucoup de travail à effectuer dans le volet social, mais cela passera pour une part par des négociations entre les partenaires sociaux. Ensuite, le diable se cache dans les détails. Il faudrait toute une série de mesures dans les domaines de l'environnement, de la construction, de l'urbanisme... Nous n'en sommes qu'au début de la montagne. Il ne faut pas considérer que les 50 mesures constituent l'alpha et l'omega de la simplification. Même si c'est un très bon début. Nous allons poursuivre ensemble ce travail de simplification par de nouvelles mesures présentées tous les mois.

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