Colère des agriculteurs : mais pourquoi en veulent-il autant à E.Leclerc ?

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COLÈRE - Alors qu'Emmanuel Macron dévoile ce mercredi à Rungis les premières mesures issues des discussions des Etats généraux de l'alimentation, une vive polémique oppose les agriculteurs et le géant E. Leclerc dont certains magasins ont été pris à partie.

Les deux camps s'opposent. D'un côté le géant E. Leclerc et de l'autres les agriculteurs et quelques industriels. En cause : le projet du gouvernement qui envisage de relever le seuil de revente à perte (SRP) des produits alimentaires et d'encadrer des productions. Michel Edouard Leclerc l'emblématique patron des supermarchés éponymes,  est contre, jugeant que cette mesure allait entrainer "5% à 15%  des prix à la consommation". Les agriculteurs, pour la plupart, y sont favorables. 


Le bras de fer s'est traduit par des actions devant plusieurs magasins dimanche et lundi soir. Six actions ont notamment été menées en Loire-Atlantique, en Vendée, mais aussi le Maine-et-Loire où des agriculteurs ont déversé du fumier et de la paille brûlée. Quelques jours plus tôt, des magasins E. Leclerc des Côtes d'Armor avaient été la cible "d'actions de taggage".


La hausse du seuil de revente à perte (SRP) - le prix en dessous duquel un distributeur ne peut pas vendre un produit - divise les acteurs de la filière.  Son augmentation, soulignent ses défenseurs, permettrait de mettre un terme à la "guerre de prix bas" et assurerait de meilleures marges aux distributeurs et de meilleurs revenus aux agriculteurs. 

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Une hausse massive des prix "sous prétexte d'aider les agriculteurs"

Pour de nombreux acteurs, il faudra in fine augmenter les tarifs pour améliorer les prix payés aux agriculteurs et cette perspective déplait à l'UFC-Que Choisir comme à Michel-Edouard Leclerc, le PDG du groupe E. Leclerc. Le sujet, très sensible, est d'ailleurs à l'origine d'une vive polémique déclenchée par ce dernier, qui a accusé certains industriels et distributeurs de préparer une hausse massive des prix "sous prétexte d'aider les agriculteurs". 


"On ne peut pas relancer une guerre des prix, je crois que ce n'est pas tenable aujourd'hui", a déclaré dimanche le ministre de l'Agriculture, Stéphane Travert, en réponse à M. Leclerc. "Si demain nous relevons le seuil de revente à perte, comme nous souhaitons le faire, il faut d'abord s'assurer que le relèvement du seuil retourne dans la poche des agriculteurs", a-t-il poursuivi.


Du côté des agriculteurs, la colère gronde aussi. "Pour redresser l'ensemble de la filière, cela représente (un coût, NDLR) de 30 centimes d'euros par personne et par semaine. Sur un an, ça fait 15 euros", rétorquent les industriels de l'Ania. Le patron des supermarchés Leclerc "représente un ancien monde, celui des prix toujours plus bas. Les consommateurs veulent autre chose", a pour sa part estimé la présidente de la FNSEA, Christiane Lambert.

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