Comment Airbnb a-t-il pu payer moins de 100.000 euros d'impôts en France en 2016 ?

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FISCALITÉ - Alors que l'Hexagone est son deuxième marché au monde, derrière les Etats-Unis, la plateforme communautaire d'hébergement s'est acquittée d'un impôt sur les bénéfices équivalent à celui d'une PME pour l'année écoulée, révèle Le Parisien. Cette infime contribution s'explique par une stratégie d'optimisation fiscale qui n'a rien d'illégal. Détails.

92.944 euros pour être précis. Airbnb n'a pas été très généreux avec le fisc français en 2016, si l'on se fie à son chiffre d’affaires croissant. Le site d'hébergement entre particuliers se serait ainsi acquitté d'un impôt sur les sociétés guère plus important que celui d'une PME, révèle Le Parisien ce lundi. Et ce malgré le fait que l'Hexagone constitue aujourd'hui son deuxième marché au monde, derrière les Etats-Unis. La seule ville de Paris, devenue première au monde en termes de nombre d’annonces, cumule à ce jour près de de 60.000 sur les quelques 400.000 réparties sur le territoire. 


Mais aussi surprenant que soit ce montant au premier abord, il est en hausse de près de 34% par rapport à l'année précédente. Pour rappel, en 2015, Airbnb avait payé 69.168 euros d'impôt. 


Cette modique contribution ne cache pourtant rien d'illégal, précise le quotidien. Elle s'explique par une stratégie d'optimisation fiscale conforme à la réglementation en vigueur, qui repose sur le fait que la plateforme américaine ne déclare en France qu'une minime fraction de ses revenus réels. 

Si aux Etats-Unis, la plateforme est immatriculée dans le Delaware, un état considéré comme un quasi paradis fiscal, son siège social européen est situé en Irlande, où l'impôt sur les sociétés est fixé à 12,5%. Contacté par Le Parisien, un porte-parole de l'entreprise assure que le "bureau en France fournit des services marketing et paie toutes les taxes applicables". 


Cette technique dite du "double-irlandais", n'est pas sans rappeller celle de Google, dans le collimateur de Bercy depuis plusieurs années. Pourtant le géant américain a réussi à échapper à un redressement fiscal d'1,1 milliard d'euros en juillet dernier grâce à un flou juridique. 

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