Comment Airbnb facilite l'évasion fiscale grâce à une simple carte de crédit

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OPTIMISATION - Grâce à un moyen de paiement spécifique aux allures de Mastercard, la plateforme communautaire d'hébergement permet à ses clients de dissimuler leurs revenus au fisc. Initialement destinée aux propriétaires d’appartements français vivant à l’étranger, la solution a depuis circulé de bouche à oreille pour se transformer en "bon plan" pour les autres.

Quand une solution à destination des propriétaires d’appartements français vivant à l’étranger devient une aubaine pour les autres. Si la grande majorité des hôtes Airbnb optent pour un virement sur leur compte bancaire pour percevoir leurs revenus, une minorité se tourne vers la carte Payoneer. De quoi s'agit-il ? Un moyen de paiement rechargeable émis par la société américaine du même nom depuis Gibraltar.


Or, cette Mastercard aux couleurs d’Airbnb est aujourd'hui utilisée par certains hébergeurs, résidant en France, pour échapper aux radars de l'administration fiscale, détaille France Info, d'après l'enquête réalisée par Sylvain Tronchet de la Cellule investigation de Radio France. Proposée gratuitement sur le site internet de la plateforme, elle s'obtient très rapidement en quelques clics seulement. Une fois les sommes créditées, l'hébergeur peut en disposer selon le même principe qu'une carte de crédit classique.

Airbnb plaide la bonne foi

Du côté d’Airbnb France, on se défend d’inciter les hébergeurs à frauder. "Nous leur rappelons la nécessité de s'informer des réglementations fiscales applicables, et de s'y conformer", a répondu la plateforme, sollicitée par France Info. 


Pour rappel, la loi française oblige les propriétaires à déclarer les revenus provenant de plateformes communautaires d'hébergement telles qu'Airbnb dès le premier euro perçu. D'ailleurs, lorsque ceux-ci excèdent 32.900 euros par an, le particulier est considéré comme un professionnel et soumis à des frais spécifiques. Contacté par France Info, siège du ministère de l'Economie et des Finances, qui a la main haute sur les questions fiscales, n'a toutefois pas souhaité réagir.

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