Comment les banques contournent les limitations de frais bancaires

ÉCONOMIE

CONSOMMATION - Alors que le gouvernement multiplie les tentatives de limiter les frais imposés par les banques à leur clients, celles-ci rivalisent d'inventivité pour trouver de nouvelles sources de recettes.

Les frais bancaires sont un peu comme les mauvaises herbes : ils ont beau être coupés, ils repoussent à chaque fois. Alors que l'Etat tente de limiter les commissions imposées aux clients par les banques , ces dernières rivalisent d'imagination pour contourner les règles du jeu. Depuis le premier janvier 2014, en effet, une loi plafonne les commissions d'intervention, facturées aux particuliers quand ils dépassent leur découvert autorisé. Au maximum, celles-ci peuvent aujourd'hui atteindre huit euros par opération et 80 euros par mois. Mais cette limite n'est pas du goût des banques qui, pour trouver de nouvelles recettes, inventent depuis le début de l'année de nouveaux frais."On observe une grande créativité de la part des banques sur cette question des frais demandés aux clients", relève pour metronews Lionel Maugain, de 60 millions de consommateurs.

Un tiers des Français en permanence à découvert

Tous les moyens sont bons pour capitaliser sur les clients à la santé financière fragile. Il faut dire que le potentiel de bénéfices est énorme : "Un tiers des Français sont en permanence à découvert, voire au-delà", rappelle Lionel Maugain. Et ils ne sont pas les seuls à passer à la caisse à la fin de l'année : deux tiers des Français reconnaissent se retrouver dans cette situation au moins une fois par an. Selon un sondage de Panorabanques l'an dernier la plupart d'entre eux déboursent plus de 240 euros chaque année pour payer leurs dépassements. A ce rythme-là, l'addition totale atteint rapidement plusieurs milliards d'euros.

Pour profiter à fond de cette manne en dépit des limitations, les banques ont par exemple inventé la facturation du courrier d'information en cas de découvert non autorisé, voire, pour certaines, de l'appel. Des nouveaux frais qui viennent s'ajouter aux commissions d'intervention (facturées à chaque opération), aux agios trimestriels (calculés en fonction du pourcentage dû par le client à sa banque), aux frais de rejet en cas de chèque sans provisions, etc. Résultat, les particuliers concernés, qui ont souvent déjà du mal à boucler leurs fins de mois, se retrouvent contraints de reverser chaque mois une partie de leur budget à leur banque.

Même un client avisé aurait le plus grand mal à y échapper. Loin de décourager les dépassements, les banques auraient plutôt tendance à inciter leurs clients à y avoir recours : à l'ouverture d'un compte en banque, le découvert autorisé est désormais presque systématiquement proposé."Le piège, c'est que le montant du découvert autorisé est plutôt faible. Du coup, le client a très vite fait de dépasser ce à quoi il a droit, et donc de payer des agios et des frais d'intervention", conclut Lionel Maugain.  

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