Comptes de la Sécu : les 4 raisons du redressement

ÉCONOMIE
BILAN - Après s’être creusé depuis une dizaine d’années, le fameux trou de la Sécu est en passe de se résorber. Plusieurs mesures ont participé au redressement des comptes des différentes branches. Revue de détail.

Satisfecit du côté du gouvernement. Invitée du Grand Jury RTL/Le Figaro/LCI dimanche, la ministre de la Santé Marisol Touraine a annoncé au sujet des comptes de la Sécu "que les résultats de 2016  seraient encore meilleurs" que ceux envisageaient en juin dernier. "L'horizon du rétablissement complet, de l'équilibre des comptes de la Sécu, ce n'est plus une utopie, il est à portée de main (...) pas pour 2016 mais très vite", a-t-elle assuré. 


Bête noire des gouvernements successifs ces dernières années, le fameux trou de la Sécu est donc en passe d’être résorbé. En 2011, le déficit du régime général de la Sécurité social s’établissait à près de 21 milliards d’euros. Fin 2016, la ministre prévoit un déficit du régime général –maladie, accident du travail, retraite et famille - en-dessous des 5,2 milliards prévus jusqu’alors. Pour obtenir ce résultat, plusieurs effets et mesures se sont conjugués. 

Vers un excédent de la branche retraite


Bien que douloureuses, les réformes successives du régime des retraites ont porté leurs fruits.  Après plus d’une décennie de déficit, le régime des retraites devait retrouver l’équilibre en fin d’année, selon les prévisions du gouvernement. Le relèvement de l'âge légal de départ à la retraite de 60 à 62 ans issue de la réforme de 2010, puis la réforme de 2014 et l’accord sur les retraites complémentaires Agirc-Arrco signé fin 2015 ont permis d’assurer des rentrées suffisantes au rétablissement de ce compte. Le très faible niveau de l’inflation a en outre réduit le montant des revalorisations des pensions, limitant de même l’accroissement des dépenses. De ce fait, le gouvernement n’envisage pas de réforme nouvelle de l’allongement de départ à la retraite. 

La branche maladie s’améliore


Toujours élevé, le déficit de la branche maladie (moins de 5,2 milliards d’euros prévus fin 2016) recule néanmoins lui aussi sous l’effet d’une série de mesures prises ces dernières années. Sur le plan des dépenses, l’hôpital a été mis à forte contribution avec un travail de rationalisation de la gestion des établissements et la réduction du nombre de lits avec notamment le développement de l’ambulatoire notamment. Côté consommation, le développement des génériques a également participé très nettement au redressement des comptes de la branche (environ 400 millions d’euros d’économies attendues en 2016). 

La lutte contre la fraude rapporte


S’ajoute à cela une politique de lutte contre la fraude aux cotisations sociales. Ces fraudes n’ont cessé de croître ces dernières années (174 millions d'euros, soit environ 60% d’augmentation entre 2011 et 2014 pour l’ensemble des régimes). En 2016, le gouvernement prévoit à ce titre 150 millions d’euros de redressements supplémentaires par rapport à 2015. 

L’emploi, la grande inconnue

Excepté l’inflation, la conjoncture de ces dernières années n’a pas été propice à un rétablissement  rapide des comptes de la Sécurité sociale. L’amélioration sur le front de l’emploi salarié ces derniers mois a toutefois participé à la réduction du déficit en amorçant un accroissement mécanique des recettes du fait de l'augmentation du nombre de cotisations. De l’évolution de l’emploi dépendra donc  le retour plus ou moins rapide à l’équilibre du budget de la Sécu qui, pour l’instant, n’est pas attendu  avant 2021.


VIDEO. 70 ans après sa création, la Sécu peine à retrouver l'équilibre 

En vidéo

1945-2015 : la sécurité sociale fête ses 70 ans, une histoire de déficit

Sur le même sujet

Et aussi

Lire et commenter