Pêche post-Brexit : Paris pointe la "non-coopération" de Jersey et prépare l'indemnisation des navires français exclus

Le conflit sur la pêche qui oppose la France au Royaume-Uni connaît un rebondissement. La ministre de la mer a fait savoir qu'elle prépare un plan de sortie de flotte.

CONTINUITÉ - La ministre française de la Mer a dénoncé jeudi "que Jersey démontre une non-volonté de coopérer" dans le dossier. En conséquence, le gouvernement se prépare à indemniser les pêcheurs qui n'obtiendraient pas de licence.

Le conflit sur la pêche post-Brexit n'en finit plus. En attestent les mots de la ministre française de la Mer, Annick Girardin, ce jeudi 18 novembre. D'après elle, l'île anglo-normande de Jersey ne veut pas coopérer avec la France, et cette dernière se prépare donc à indemniser les navires français qui n'obtiendraient pas, au final, de licence pour pouvoir pêcher dans ses eaux.

"Il est définitivement évident que Jersey ne respecte pas l'accord Brexit, pire, il démontre une non-volonté de coopérer avec nous", a déclaré la ministre lors d'une intervention aux assises de la pêche organisées à Saint-Pol-de-Léon, dans le Finistère.

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Elle a rappelé que 46 demandes d'autorisations étaient encore sans réponse et que 52 licences avaient expiré le 31 octobre, "dont 13 prioritaires, privant ces pêcheurs d’un accès aux eaux de Jersey". "Pour faire pression" sur le gouvernement de Saint-Hélier, elle a demandé à ses services "de renforcer fortement les contrôles sur les navires britanniques" dans la zone. 

"Il nous faut nous préparer à ces pertes"

Alors les gouvernements de Londres et des îles anglo-normandes ont accordé à ce jour près de 220 licences définitives, et que la France en réclame encore quelque 150, Paris a ciblé "en priorité" quelques dizaines de dossiers : ceux des navires dont la survie économique dépend largement de l'accès aux eaux britanniques. "C’est d’une visibilité dont vous avez besoin. Je vais donc être franche avec vous, il nous faut nous préparer à ces pertes", a déclaré Annick Girardin face aux pêcheurs.

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"Sans préjuger des suites de la négociation, j’ai demandé à la DPMA (Direction des pêches) de me proposer, en relation avec les professionnels, une estimation des plans de sortie de flotte que je pourrais financer", a-t-elle aussi annoncé, évoquant "une enveloppe de 40 à 60 millions d'euros" qui pourrait "être mise sur la table"

Ces fonds, provenant d'une enveloppe européenne destinée à accompagner les conséquences du Brexit, serviront notamment à indemniser les pêcheurs dont les navires ne pourront pas être repris et finiront à la casse. Pourtant, "le ministère ne forcera aucun navire à sortir, la démarche est volontaire, au cas par cas, pour les navires qui seront éligibles au dispositif".

"Il faut continuer la négociation", estime le président de la région Bretagne

À l'antenne de LCI, ce jeudi, Loïg Chesnais-Girard, président PS de la région Bretagne, a réagi à l'annonce de la ministre de la Mer, jugeant qu'"il n'est pas temps d'annoncer un plan de sortie de flotte". "Il faut continuer la négociation qui consiste à obtenir la mise en œuvre d'un accord qui a été négocié il y a moins d'un an", a-t-il poursuivi.

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