Après un an de télétravail contraint, les Français veulent continuer... à dose plus raisonnable

En France, sur l'année écoulée, onze millions de personnes ont expérimenté le télétravail

ÉTUDE - Malgré la contrainte, les salariés français ont dans l'ensemble bien vécu le télétravail, en tout cas au point d'en redemander pour l'avenir. C'est ce que détaille une étude qui souligne le peu d'aspiration au "100% télétravail", et une cote moins positive pour les jeunes générations.

Nous sommes onze millions, près d'un Français sur cinq, à avoir travaillé à distance depuis le début de la crise sanitaire. Une mesure d'urgence plutôt qu'un télétravail choisi, mais qui a eu le mérite de propulser dans le grand bain du télétravail toutes les entreprises qui jusque-là entraient dans l'eau un orteil à la fois. Après un an de découverte, d'adaptation, et pour beaucoup de retour - au moins partiel - au bureau, une étude vient faire le bilan d'une année où travail et vie personnelle se sont découverts une unité de lieu.

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La bonne surprise, c'est que malgré la toile de fond de la crise sanitaire, malgré les soucis de garde d'enfants, et malgré les conditions matérielles parfois improvisées d'un télétravail qui n'était pas choisi, le vécu du travail à distance a été bon, très bon même. Selon l'étude d'Odoxa, qu'ils aient eux-mêmes expérimenté le télétravail ou qu'ils aient des proches directement concernés, 80% des sondés disent aujourd'hui en avoir une très bonne image globale. Avec quelques bémols quand même... Ainsi, la charge et les heures de travail sont jugées "plus importantes" qu'en présentiel par 45% des travailleurs. Pour travailler à distance, plus d'un sur trois - 36% - dit n'avoir eu aucun moyen matériel mis à disposition par son entreprise.

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Moins efficace que le "présentiel" pour les 18-24 ans.

Parmi les différentes populations sondées, il en est une qui ressort du lot par son goût très relatif pour l'exercice. Quand on isole leurs réponses, les 18-24 ans sont ainsi les moins enthousiastes. Ils sont par exemple 60% à considérer le télétravail comme moins efficace que le travail présentiel, contre 37% pour la moyenne des sondés, toutes générations confondues. Une observation qui en rejoint d'autres, depuis le début de la crise sanitaire. Avec des revenus de début de carrière, et les logements souvent étriqués qui vont avec, les travailleurs les plus jeunes sont souvent les moins à même de profiter des avantages du travail à distance. Ils sont aussi ceux qui souffrent le plus souvent de solitude.

Le mi-temps comme dose idéale

Pour ceux qui l'ont pratiqué à haute dose depuis le premier confinement, si le télétravail est là pour rester, ce ne sera que rarement à plein temps. Selon l'étude, 74% des télétravailleurs confient leur besoin de retourner travailler en présentiel de manière régulière. S'ils pouvaient décider eux-mêmes de la semaine idéale, la majorité des sondés répondent en moyenne 2,6 jours de télétravail, soit la moitié d'une semaine de cinq jours. Nombre d'entreprises sont aujourd'hui en train de reconfigurer plannings et espaces de travail - voire d'abandonner certaines surfaces de bureau - pour s'adapter à une nouvelle donne que la crise sanitaire a largement accéléré.

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Car sanctuariser deux ou trois jours de télétravail par semaine pose nombre de questions, en terme de management et d'organisation. Certains experts conseillent ainsi de choisir un jour de la semaine au moins où tous les membres d'une même équipe soient au bureau en même temps, pour se réunir ou travailler sur des projets collaboratifs. 

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