Couvre-feu avancé : Bercy promet de nouvelles aides pour les restaurateurs

Bruno Le Maire a annoncé le renforcement des aides économiques aux entreprises en difficulté

RALLONGE - Remboursements de prêts remis à plus tard, fonds de solidarité étendu, et nouvelles aides pour les grosses structure : Bruno Le Maire veut amortir les effets d'un couvre-feu renforcé sur tout le territoire, mais surtout d'une crise dont le secteur ne voit pas la fin.

En annonçant un couvre-feu national ramené à 18h, l'exécutif - en la personne du ministre de l'Économie - a également dévoilé une nouvelle vague d'aides financières pour les entreprises dont la crise sanitaire et ses restrictions ont réduit l'activité à zéro ou presque, principalement dans la restauration, mais aussi toutes celles qui ont bénéficié de certaines mesures d'aide depuis le début de la pandémie. Une rallonge de plus, dont l'essentiel concerne cette fois les entreprises de taille importante.

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Pour ces sociétés qui réalisent un chiffre d'affaires de plus d'un million d'euros par mois, et qui ont été fermées par décision administrative, mais aussi pour toutes les entreprises de même taille minimum dont l'activité dépend de ces secteurs, Bercy va offrir la prise en charge de 70% de leurs frais fixes. De quoi couvrir loyers, assurances, abonnements et contrats divers. Comme l'explique Bruno Le Maire, cette mesure s'adresse aux "structures importantes" comme les chaînes d'hôtels, les "restaurateurs qui ont plusieurs restaurants dans une même ville", mais aussi à leurs sous-traitants. 

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Ces aides seront plafonnées à 3 millions d'euros pour le premier semestre 2021, un "point de départ" pour Bercy, qui en négocie le montant avec la Commission européenne. Le plancher d'un million d'euros de chiffre d'affaires par mois qui ouvre droit au dispositif pourrait lui aussi être rabaissé. Pour les entreprises plus petites, "nous allons travailler avec les parlementaires aux meilleures façons de baisser ce seuil d'un million d'euros qui peut-être pénalisant pour un certain nombre de petites structures très spécifiques", a encore détaillé Bruno Le Maire. De quoi débloquer la situation pour certains oubliés du dispositif, comme par exemple les discothèques, fermées depuis plus de dix mois.

Le click & collect fragilisé, la livraison encouragée

Pour les restaurateurs qui s'étaient ouverts à la vente de repas à emporter, le couvre-feu à 18h est un coup dur. En effet, si le travail peut être un motif légitime de déplacement pendant le couvre-feu, il ne permet pas aux restaurateurs de recevoir du public, même pour du click & collect, et pour cause : pour leurs clients, aller chercher un repas n'est pas un motif valide de dérogation sur l'attestation à présenter en cas de contrôle. En revanche, les restaurateurs auront le droit de faire livrer leurs repas passé 18h.

Des activités qui seront d'ailleurs encouragées, les revenus en découlant n'étant plus comptabilisés dans les planchers de chiffre d'affaires qui donnent accès au Fonds de solidarité, une exception qui devrait courir jusqu'à la fin de l'urgence sanitaire.

Davantage de solidarité pour les "secteurs connexes"

Autre extension des aides d'État : le Fonds de solidarité pour les entreprises frappées indirectement par les fermetures administratives liées à la lutte contre la pandémie de Covid-19, jusqu'ici limité à 10.000 euros par mois, est porté à une compensation de 20% du chiffre d'affaires, dans la limite de 200.000 euros, si elles ont perdu 70% de leur chiffre d'affaires. Bruno Le Maire a notamment cité "les fournisseurs des cafés et de la restauration, le commerce de gros, les hôtels, les blanchisseurs, les torréfacteurs".  Au total, le Fonds de solidarité, y compris la prise des coûts fixes, plus les exonérations de charges, coûtent 4 milliards d'euros par mois à l'État, un chiffre qui ne comprend pas les dépenses liées au chômage partiel.

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Surtout, les annonces de Bruno Le Maire règlent l'épineuse question du remboursement des prêts garantis par l'État (PGE). Des prêts dont les premières échéances devaient souvent être remboursées dans les semaines à venir, alors que nombre d'entreprises bénéficiaires sont encore à l'arrêt ou presque. Si certaines banques avaient déjà accepté de proroger d'un an le début des échéances de prêt, l'exception va devenir la règle : si elles en font la demande, les entreprises auront le droit de bénéficier d'une année supplémentaire avant de commencer à rembourser leur PGE. Une prorogation sans conditions, Bruno Le Maire indiquant avoir obtenu de la Fédération bancaire française que la mesure concerne "toutes les entreprises, quel que soit leur secteur d'activité, et quelle que soit leur taille". Des prêts aujourd'hui accordés à près de 650.000 entreprises, pour un montant total de 130 milliards d'euros.

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