Fermeture des écoles : la mesure devrait coûter moins cher qu'au printemps 2020

Fermeture des écoles : la mesure devrait coûter moins cher qu'au printemps 2020

DÉCRYPTAGE - Emmanuel Macron a annoncé mercredi soir la fermeture de tous les établissements scolaires français pour une durée d'au moins trois semaines. Une mesure qui aura un coût pour l'économie française mais, manifestement, moindre qu'il y a un an.

Le couperet est tombé. Régulièrement réclamée par plusieurs scientifiques pour faire face au rebond épidémique en France, la fermeture des écoles a finalement été annoncée par Emmanuel Macron mercredi. Entre cours à distance et vacances, les établissements de l'Hexagone n'accueilleront donc pas d'élèves avant trois (crèches, maternelles et primaires) ou quatre semaines (collèges et lycées). Exception faite des enfants de soignants ou ceux en situation de handicap. Cette mesure n'est pas sans conséquences sur le plan économique. Des millions de parents français vont ainsi devoir davantage télétravailler ou, lorsque ce n'est pas possible, se mettre en chômage partiel pour s'occuper des enfants durant la journée. 

Redoutée par les entreprises, la fermeture des écoles va forcément perturber l'activité économique, même si les vacances scolaires devraient minimiser son impact. La Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME) s'est ainsi alarmée ce jeudi des "problèmes" que cette décision va créer dans les petites et moyennes entreprises tricolores. Elle pointe notamment un "risque" de désorganisation de l'activité dans un contexte où la productivité est déjà affectée par le télétravail. En novembre, sans fermeture des établissements scolaires, "nous avions enregistré une perte d'activité de 8%, là l'impact sera plus sévère, autour de -10% d'activité", ajoute Selin Ozyurt, économiste chez Euler Hermes.

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Cette thèse n'est pas vraiment partagée par l'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE). L'institut annonce ainsi un impact moindre sur la sphère économique. "Tout a été calibré pour que les vacances soient au milieu de tout ça et que l'impact sur le travail soit le plus limité possible, même s'il n'est pas négligeable", souligne Mathieu Plane, l'un de ses économistes. Le problème de la garde d'enfant existe davantage pour les plus jeunes, avant leur entrée au collège. En ce sens, "ce n'est pas un hasard si au final les crèches, maternelles et primaires ferment une semaine seulement", explique-t-il. 

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Lors du premier confinement, en avril 2020, l'OFCE avait évalué qu'environ 1,2 million d'emplois étaient susceptibles d'être touchés par la fermeture des écoles, n'étant pas forcément éligibles au télétravail.  Sur les 30 % de baisse de l'activité économique du pays en raison des mesures sanitaires très restrictives, environ 6 points s'expliquaient alors par la fermeture des écoles, longue de près de deux mois. Quel sera, cette fois, l'impact de ces 4 semaines de fermeture des écoles ?  Difficile à jauger pour l'instant mais il devrait être moindre que l'an dernier. Ainsi, le recours au chômage partiel devrait augmenter, "passant de 1,3  million d'équivalent temps plein à 2,5 millions en avril", mais il avait atteint 5,6 millions en avril 2020, estime Selin Ozyurt.

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