Covid-19 : le "manque d'anticipation" de l'État pointé par la Cour des comptes

Covid-19 : le "manque d'anticipation" de l'État pointé par la Cour des comptes

SÉVÈRE MAIS JUSTE - Dans son rapport annuel, l'instance note le coût financier d'une crise encore en cours, les fonds bien ou mal dépensés, mais appelle surtout à une réorganisation en profondeur des services d'urgence et de réanimation.

La publication du rapport annuel de la Cour des Comptes, c'est ce moment qui fait bruisser les couloirs des hautes administrations, mais aussi le bonheur des gazettes, quand une instance indépendante scrute chiffres à l'appui les coulisses de la gestion de l'État, en distribuant très publiquement bons et mauvais points aux administrations centrales, ou en régions. Un rendez-vous attendu, qui se concentre souvent sur les plus coûteuses d'entre elles, comme l'éducation, les transports... et la santé, pour qui 2020 n'a pas été une année comme les autres.

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Covid-19 : déjà un an de pandémie...

À année exceptionnelle, travail exceptionnel : rattrapée par l'actualité, l'institution financière consacre une large part de ce rapport aux "premiers enseignements" de la crise sanitaire, concluant que "les acteurs publics n'accordent pas suffisamment d'attention à la gestion des risques, à leur préparation, quelle que soit leur nature"

Les sages savent alterner compliments et remontrances. Ainsi, pour la crise du Covid, l'impréparation à ce type d'événement aurait été au moins en partie compensée  par "la capacité d'innovation" et de "réaction" des acteurs publics pour faire face à une situation inédite, mais aussi la "forte capacité de mobilisation" des agents que les opérateurs publics ont finalement pu globalement s'adapter à la crise après un temps de "désorganisation". Et au-delà de l'actuelle pandémie, c'est à toutes les crises à venir que les sages estiment le secteur de la santé bien mal préparé.

Mieux coordonner hôpital public et cliniques privées

C'est du côté des soins critiques et de la réanimation que critiques et conseils sont les plus nombreux. En modélisant des services de réanimation au plus près de leur usage moyen, les hôpitaux ne se sont pas laissés la marge de manœuvre nécessaire - tant en matériel qu'en personnels - pour faire face à des situations d'urgence comme cette pandémie, mais aussi comme beaucoup d'autres scénarios possibles ou prévisibles. 

Dans ses recommandations, adressées au ministère de la Santé, l'institution note que l'impact du vieillissement de la population sur les besoins d'hospitalisation en soins critiques à long terme doit être évalué et l'offre augmentée en conséquence. Également pointé, le recours modeste aux cliniques privées, "où le nombre de patients Covid est resté stable au cours de la crise, malgré la création d'unités de réanimation éphémères". Pour mieux gérer des crises futures, la Cour des Comptes voudrait voir déterminé "au niveau national un modèle d’organisation et de coordination des soins critiques et son mode de gouvernance, qui soit en mesure d’inclure les structures publiques et privées".

Des personnels infirmiers tous formés aux "soins critiques"

À côté de ses critiques, le rapport offre aussi des solutions. Ainsi, pour adapter à la demande l'offre de soins de réanimation à la demande, les sages voudraient voir améliorée la formation des personnels infirmiers, en intégrant systématiquement à leur cursus des modules de soins critiques, pour les déployer plus rapidement dans de soins critiques en cas de besoin. Idem pour les médecins, qui devraient être plus nombreux à disposer d'un diplôme de médecine intensive-réanimation (MIR).

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Enfin, le rapport recommande de quantifier précisément l'impact de la crise du Covid sur le traitement de toutes les autres pathologies en milieu hospitalier. "L'impact à long terme en matière de santé publique des déprogrammations intervenues durant l'épidémie de Covid-19 reste aujourd'hui inconnu et potentiellement considérable : son étude est indispensable et devra être engagée", alerte l'institution, dans un rapport dont la Cour réaffirme qu'il n'est qu'une évaluation à mi-parcours. L'année prochaine, l'essentiel du rapport 2022 devrait porter sur la gestion de la crise sanitaire mais aussi de la crise économique. Mais cette fois a posteriori... du moins, peut-on l'espérer.

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