Le prix de l'immobilier en baisse dans les grandes villes : "Sans immunité, ça va continuer"

Des immeubles à Lyon / Photo d'illustration
Économie

IMMOBILIER - La pandémie du Covid-19 a poussé de nombreux urbains vers les zones rurales. Résultat, les acheteurs se font moins nombreux dans les grandes villes, ce qui fait baisser les prix. A Paris, ils ont par exemple reculé de 1,5% sur les trois derniers mois, rapporte ce vendredi un baromètre de Meilleurs Agents.

Les citadins fuient les grandes villes, et cela se ressent sur les prix de l'immobilier. Alors que la hausse des prix observée début 2020 s’est poursuivie sur tout le territoire à la sortie du premier confinement et tout au long de l’été, elle connaît ces derniers mois un net ralentissement dans les grandes métropoles.

Après avoir frôlé les 11.000 euros du mètre carré, les prix ont baissé de 2,5% à Paris rien que sur les six derniers mois, rapporte Meilleurs Agents dans son dernier baromètre. Le constat est le même à Bordeaux, où le recul des prix est de 1,1% entre septembre et mars. Il est 2,2% à Toulouse et de 1,9% à Lyon. D'autre part, si les prix sont encore à la hausse dans les villes moyennes, le rythme de croissance a nettement diminué (0,3% depuis septembre, soit 1,2 point de moins qu’au cours des six mois précédents).

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Quand l'incertitude des ménages plombe la dynamique du marché

Plus ou moins marqué selon les communes, cet essoufflement des prix constaté au cours des derniers mois s’explique par l'érosion progressive de la demande depuis un an. En mars dernier, avant l'annonce du premier confinement, le nombre d'acheteurs était largement supérieur au nombre de vendeurs dans les grandes villes. Strasbourg ou Lille, villes où la tension immobilière était la plus forte, comptaient respectivement 33% et 30% d’acheteurs de plus que de vendeurs. Un an plus tard, cet indice a chuté de 19% et 17%. À Paris, l'indice est passé de 23% à 8%, et de 15% à 6% à Lyon.

"C’est vraiment la conséquence de la crise sanitaire et des différentes incertitudes qui pèsent aujourd’hui sur l’économie, sur l’emploi et sur le marché de l’immobilier", explique à LCI Thomas Lefebvre, directeur scientifique de Meilleurs Agents. "Nous avons actuellement un attentisme très fort de la part des ménages, qui veulent savoir comment on va sortir de cette crise sanitaire avant d'investir".

Tant qu’on n'aura pas atteint une immunité, ça va continuer- Thomas Lefebvre, directeur scientifique chez Meilleurs Agents

Selon lui, cette baisse de dynamisme dans le marché immobilier devrait se poursuivre "sans doute encore quelques mois". "On va entrer dans la période appelée 'printemps de l’immobilier', lors de laquelle les familles déménagent le plus et cela risque d’être un peu moins dynamique qu’à l’accoutumée", présage-t-il. "Tant qu’on n'aura pas atteint une immunité ou un taux de vaccination de la population française qui nous permette de reprendre une vie à peu près normale, ça va continuer."

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Pour autant, il serait trop tôt pour statuer sur un hypothétique retournement de marché. Les prix immobiliers continuent en effet de progresser malgré tout dans certaines villes. C'est notamment le cas de Strasbourg (+4,5% en 6 mois), de Rennes (+3,1%), de Nantes (+2,8%) ou encore de Lille (+1%).

La robustesse du marché devrait également lui permettre de rester relativement stable jusqu'à la sortie de la crise sanitaire. "Si on veut retenir une chose de 2020, c’est que le marché de la pierre a montré une résilience assez forte, à la fois en termes de volumes et en termes de prix", se rassure Thomas Lefebvre. "Le marché de l’immobilier a certes ralenti, mais il n’a pas fait des mouvements comparables aux marchés boursiers". Dans le cas d'un rebond économique après la crise du Covid-19, l'épargne amassée par les Français pendant un an pourrait s'orienter vers l'investissement immobilier et redynamiser le marché.

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