Crise sanitaire : à ce stade, combien coûte le "quoi qu'il en coûte" ?

On en sait un peu plus sur la fin du "quoi qu'il en coûte" pour soutenir notre économie. Vers quelles aides sur-mesure allons-nous nous diriger ?

DETTE - Bruno Le Maire a annoncé mercredi la fin du "quoi qu'il en coûte", référence à la formule d'Emmanuel Macron pour décrire les mesures de sauvegarde de l'économie durant la crise sanitaire. Quel est le montant estimé, à ce stade, de ce plan de soutien ? Le point en chiffres.

À mesure que l'économie repart, les mesures de soutien vont se tarir. En évoquant mercredi la fin du "quoi qu'il en coûte" - formule utilisée en 2020 par Emmanuel Macron - Bruno Le Maire a confirmé les perspectives esquissées avant les vacances d'été : l'embellie sur le front de la croissance et de l'emploi va s'accompagner de la disparition des aides massives instaurées au début de la crise sanitaire. D'où cette question : combien ont coûté, à ce jour, les mesures prises pour sauvegarder l'économie ? 

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Parmi ces aides figurent les prêts garantis par l'État (PGE) qui ont permis aux entreprises, commerçants ou encore artisans de solliciter leur banque pour maintenir leur trésorerie - près de 140 milliards d'euros au total fin juin -, ainsi que le Fond de solidarité, aide défiscalisée et exonérée de charges sociales, qui a bénéficié à plus de deux millions de demandeurs pour un montant global d'environ 34 milliards d'euros à ce jour. 

Le fameux "quoi qu'il en coûte" englobait également les mesures de travail partiel destinées à préserver l'emploi durant la crise - 35 milliards d'euros en juillet -, les mesures de prise en charge des coûts fixes des entreprises et l'aide au paiement des cotisations sociales. Des dispositifs qui ont d'ailleurs été prolongés à plusieurs reprises compte tenu de la poursuite de la crise. 

Au titre du coût de la crise sanitaire, on peut en outre ajouter à ces mesures les pertes de recettes fiscales enregistrées, principalement en 2020, du fait du ralentissement de l'activité dans le pays.  

165 milliards d'euros de dépenses

Depuis les premières mesures prises pour y faire face, les dépenses liées à la crise sanitaire ont pesé à hauteur de "165 milliards d'euros, dont 91,2 milliards en 2021", avait estimé le ministre délégué aux Comptes publics, Olivier Dussopt, le 15 juillet dernier à l'Assemblée nationale

L'impact sur les finances publiques est massif. Le même ministre indiquait à la même date, devant les sénateurs, que le déficit budgétaire atteignait 178,2 milliards d'euros, soit 1,9 fois ce que prévoyait la loi de finance initiale pour 2020, avec des dépenses augmentées de 44,1 milliards d'euros et des recettes en chute de 37,1 milliards d'euros. 

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Le montant est d'ailleurs loin d'être arrêté à l'heure actuel. L'impact de la crise se fera sentir au cours des prochaines années. En avril, le ministère des Comptes publics avait établi une projection faisant état d'un coût global potentiel de plus de 400 milliards d'euros entre 2020 et 2022. 

Selon un rapport de la Cour des comptes publié en juin, le déficit public, qui s'est creusé à 9,2 points de PIB en 2020, pourrait s'élever à 9,4 points de 2021 - le gouvernement, lui, table désormais sur 9 points de PIB pour l'année en cours. La dette publique pourrait se maintenir à hauteur de 117 points de PIB. 

La question du désendettement va revenir

En juin, la Cour des comptes a également détaillé les perspectives de trajectoire des finances publiques pour les années à venir. Les experts ont estimé que, même dans la perspective optimiste d'une forte reprise économique, "le seul retour de la croissance ne permettrait pas d’infléchir durablement la trajectoire de dette". Sans mesure complémentaire, la dette publique pourrait ainsi grimper jusqu'à 130 points du PIB d’ici à 2030. 

Si l'exécutif s'est refusé à envisager de faire peser le remboursement de la dette sur les contribuables - Bruno Le Maire a seulement évoqué, au printemps, la possibilité d'y affecter une partie de l'impôt sur les sociétés - la question de la réduction des déficits devrait revenir rapidement sur le devant de la scène. La Cour des comptes a ainsi préconisé, à l'adresse du gouvernement, "une maîtrise renforcée des dépenses publiques [...] à un rythme suffisant pour permettre la décrue de l'endettement public au plus tard en 2027"

À la question du coût des mesures de soutien à l'économie s'ajoute en outre celle du financement de la relance économique. Le plan à 100 milliards d'euros, baptisé France Relance, est financé à 40% par la Commission européenne et à 60% par la France. Il devrait se traduire par des emprunts massifs sur les marchés financiers. Mais sera-t-il sans effet sur le contribuable ?

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