Covid-19 : pourquoi les livraisons de Noël sont menacées par des embouteillages en mer

Un cargo à quai / Photo d'illustration

TRANSPORTS - La consommation repart à la hausse depuis la reprise de l'économie suite au Covid, mais les transporteurs ont dû mal à suivre le rythme. Et les contraintes sanitaires ne facilitent pas ces échanges.

À peine le commerce maritime reprenait à la suite des réouvertures de frontières, qu'il était de nouveau stoppé. En Chine ou sur la côte ouest des États-Unis, des cargos attendent inlassablement leur tour pour décharger leurs marchandises. 

Selon un dernier recensement réalisé par Vesselsvalue, spécialiste des valeurs navales, 334 porte-conteneurs transportant près de 2,2 millions de conteneurs seraient immobilisés au large des plus grands ports du monde. Si la situation s'améliore - il y en avait 427 fin septembre - la crise qui fragilise le transport maritime ne risque pas de s'améliorer de si tôt. Au point que Noël pourrait être menacé.

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Plusieurs raisons expliquent ces embouteillages maritimes. La demande a d'abord largement augmenté durant la crise sanitaire, alors même que la production était à l'arrêt dans la plupart des pays à cause des confinements. Cependant, le trafic a pu être perturbé, notamment par des restrictions sanitaires. 

Ainsi, le port de Ningbo-Zhoushan, en Chine, deuxième port le plus actif du pays, a été fermé pendant deux semaines suite à la détection de cas positif de Covid-19 parmi un membre du personnel. Dans l’attente de sa réouverture, de nombreux navires ont été détournés vers d’autres ports, alors même que ceux-ci fonctionnaient également à capacité réduite en raison des restrictions sanitaires.

À cela s'ajoutent le blocage du canal de Suez par l'Ever Given et des conditions météorologiques difficiles dans le sud-est du pays qui ont désorganisé les ports en Chine. Si bien que si la situation dans ce pays se stabilise actuellement, cela n'est pas le cas dans les ports d'importations. 

Des embouteillages dans les ports d'importations

À Los Angeles par exemple, 66 navires dérivent actuellement au large de la ville, dans l'attente de pouvoir décharger, comme il est possible de le constater sur le site MarineTraffic qui recense la position des différents bateaux dans le monde. Parmi eux, le porte-conteneurs nommé "Zhong Gu Jiang Su" patiente depuis le 17 septembre, soit depuis 27 jours.

Cette situation a fait grimper en flèche les tarifs d’expédition des conteneurs. Ainsi, le coût du transport d’un de 40 pieds (environ 12 mètres) de la Chine vers l’Europe s’élève actuellement à environ 14.000 dollars (environ 12.000 euros), selon l'indice "Freightos Baltic Index". C'est dix fois plus qu’en temps normal.

Le temps de livraison augmente également. Un bateau mettait deux à trois semaines pour se rendre d'Asie aux États-Unis. Dorénavant, le trajet peut prendre jusqu'à douze semaines. Et à l'arrivée, le déchargement est ralenti à cause du nombre important de bateaux à décharger. 

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Des délais qui sont encore allongés à cause d'une pénurie de main d'œuvre, notamment des conducteurs qui conduisent les camions de marchandises. Maersk, la plus grande société de transport maritime par conteneurs au monde, a ainsi détourné certains navires du port de Felixstowe, l'un des principaux ports d'Angleterre, car il n'y avait plus de place pour empiler les conteneurs, faute de chauffeurs de camions pour les déplacer. 

Ces conséquences en cascade impactent déjà largement différents domaines comme l'industrie automobile, ou les fabricants de téléphones portables et d'ordinateurs et pourraient donc effectivement perturber les fêtes de fin d'année, voir au-delà, comme l'estime Stavros Karamperidis. "Cela risque de durer encore une centaine de jours", annonçait ce professeur d'économie maritime à l'université de Plymouth, à la BBC.

Ce n'est pas l'avis du gouvernement britannique, qui ne s'inquiète pas. "Je suis convaincu que les gens pourront obtenir leurs jouets pour Noël", déclarait le 13 octobre dernier Oliver Dowden, coprésident du Parti conservateur, à la chaîne Sky.

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