Covid-19 : comment les stations de ski tentent de mettre le grappin sur les télé-travailleurs

Covid-19 : comment les stations de ski tentent de mettre le grappin sur les télé-travailleurs

CRISE SANITAIRE - Alors que le gouvernement doit trancher ce mercredi sur la réouverture des remontées mécaniques, les stations de ski misent sur une nouvelle clientèle : les télé-travailleurs.

En montagne, le spectre d'une année noire plane. Ce mercredi, le gouvernement doit réexaminer la situation des stations de ski mais rien ne permet pour l’instant d’espérer une réouverture des remontées mécaniques. Une décision pourtant vitale pour de nombreux professionnels qui paient cher les restrictions sanitaires pour endiguer le Covid-19. 

Cette semaine, les stations françaises ont fait état d'un taux d'occupation "en chute libre" selon le quotidien régional Ouest France. Les 250 stations françaises de sport d'hiver enregistrent déjà une baisse de 80% de l'activité économique. Pour compenser le manque de réservation et l'absence des clients étrangers, certains ont trouvé une parade : miser sur les télé-travailleurs. 

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Dans la station de ski de Courchevel, des appartements sont loués à - 40% à ces touristes d'un nouveau genre. "Vous avez ici un espace pour cuisiner, un coin détente et un poste de travail qui peut être aménagé ici, a présenté Gilles Delaruelle, directeur général de Courchevel Tourisme, lors de sa visite guidée improvisée, Il faut compter 1500 euros sur la durée du mois de mars". En temps normal, quatre semaines dans cet appartement reviendraient à 2600 euros. 

Pour attirer les clients, ce lieu touristique a décidé de casser les prix. En prévision des vacances de février, il n'enregistre que 20% des réservations. La promotion d'activités annexes comme la luge ou encore le ski de fond ne suffit pas à attirer les centaines de milliers d'habitués.

Propriétaire d'un chalet, Christine Bordon se réjouit aussi d'accueillir un public plus citadin à la recherche de sérénité pour leurs réunions sur Zoom." J'ai pu louer à un jeune couple qui est venu de Paris pour travailler", sourit-elle en parcourant son chalet à la décoration bicolore rouge et blanc. D'autres encore prévoient de louer un chalet à plusieurs afin de pouvoir télétravailler dans de bonnes conditions et à prix réduit.

L'inquiétude du président du Club Med

La  station de Courchevel n'est pas la seule à se réinventer. Dans les Alpes, d'autres lieux touristiques ont flairé la bonne idée comme au Grand-Bornand ou aux Arcs. Mais ces alternatives ne seront pas suffisantes pour les professionnels du tourisme pour sauver un secteur au bord du gouffre." Nous avons 14 Club Med dans les Alpes. Cela représente près de 4.000 salariés qui sont chez eux en attendant de travailler", a écrit le président du Club Med, Henri Giscard d'Estaing dans une lettre datée du 14 janvier au Premier ministre. "En ce qui nous concerne, nous sommes prêts à demander à nos clients de se faire tester avant de venir", a déclaré Henri Giscard d'Estaing. 

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Et le président du Club-Med n'est pas le seul à s'impatienter. Samedi 16 janvier, les moniteurs de ski se sont mobilisés dans toute la France avec des descentes symboliques au flambeau. "Pour que la flamme de la montagne ne s'éteigne pas", pouvait-on lire dans le communiqué de l'École du ski français. Ils ont eux aussi interpellé le gouvernement en amont des vacances de février, période qui représente jusqu'à 50% de leur chiffre d'affaires.

De nombreuses stations estiment avoir mis en place un protocole sanitaire strict permettant de respecter les distanciations sociales et de protéger les éventuels clients… Auprès de  LCI, le président du Syndicat National des Moniteurs du Ski Français Eric Brèche déclarait : " La sécurité est notre priorité. On a toujours été sérieux, et on est prêt à aller encore plus loin. Faites-nous confiance", insiste-t-il. 

Si seulement 8% des Français profitent de ce sport de glisse, l'activité montagnarde reste un pan de l'économie important. On compte environ 120 000 à 140 000 personnes et un chiffre d'affaires de 10 à 11 milliards d'euros par an.

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