Covid-19 : Les TPE ne profitent pas de la reprise économique, selon une étude

Journal de 20h du lundi 29 novembre 2021.

ÉCONOMIE - Les plus petites entreprises peinent à se relever de la crise économique provoquée par l'épidémie, dévoile une enquête ce mardi. Au total, 70% des dirigeants de TPE n'ont constaté aucune embellie depuis juin 2021, et près de la moitié d'entre eux aurait des problèmes de trésorerie.

Après un an et demi de crise sanitaire, les plus petites sociétés peinent à sortir la tête de l’eau. Et ce, en dépit des signaux mis en avant par le gouvernement, qui assure que l’économie française sort de la crise avec un rebond d'activité. Le constat est inquiétant : près d’un dirigeant de très petites entreprises (TPE) sur dix (16%) craint de mettre la clef sous la porte d'ici à la fin de l’année - un sur cinq dans le secteur de l’hôtellerie-restauration. 

La plupart des dirigeants de ces sociétés, comprenant 0 à 9 salariés, n’ont toujours pas constaté une reprise significative de leur activité depuis juin 2021 : 70% d’entre eux n’ont remarqué aucune amélioration, un score qui grimpe à 80% dans le secteur du commerce, révèle une enquête CSA pour le Syndicat des indépendants. Une enquête appuyée sur le témoignage de 503 dirigeants de TPE, qui travaillent dans le secteur marchand, et interrogés courant du mois de novembre 2021.

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Ce constat n’est "pas tellement raccord avec le discours un peu angélique du gouvernement", estime auprès de BFM Business Marc Sanchez, secrétaire général du SDI. L’étude tranche en effet avec l’optimisme de Bercy. "La croissance est forte, elle est solide, elle est dynamique", a affirmé le 11 octobre le ministre de l’Économie Bruno Le Maire, affirmant que "nous retrouverons en décembre 2021 le niveau d’activité d’avant-crise". Le ministre table ainsi sur une croissance rehaussée à 6,25% en 2022. 

"On est déjà dans la vague des cessations d'activité"

Pourtant, près d’un patron de TPE sur deux (44%) a vu son activité diminuer par rapport à 2019 et presque autant déclare faire face actuellement à des problèmes de trésorerie. Les sociétés les plus touchées sont celles qui appartiennent au secteur de l’hôtellerie-restauration et du commerce. Près d’un chef d’entreprise sur deux confie aussi subir des difficultés personnelles à cause de cette activité ralentie.   

Des chiffres inquiétants, quand on sait que la France compte 5,5 millions de TPE, qui représentent plus de 96% des entreprises françaises. Elles font aussi travailler plus de 4 millions de salariés et près de 2 millions d’indépendants. Mais la majorité des dirigeants qui emploient des salariés ne prévoit pas d’augmenter leur salaire, à moins qu’une baisse des charges ne leur soit accordée. 

Seule éclaircie au tableau, 85% des sondés estiment qu’ils seront en mesure d'honorer leurs échéances financières à temps dans les six mois à venir, que ce soit des crédits à rembourser, des factures à régler aux fournisseurs, des loyers ou des salaires à payer. "Elles n'ont pas le choix, c'est un optimisme de raison et d'obligation", tempère Marc Sanchez.

"Entre le 1er janvier et le 31 octobre, on remarque que plus de 313.000 entreprises ont arrêté leur activité", soit "30% de plus que l'année dernière", ajoute-t-il, estimant que "l’on est déjà dans la vague des cessations d'activité".

La majorité des dirigeants de TPE s'est sentie exclue du plan de relance

Et pour 8 TPE sur 10, le plan France Relance et son enveloppe de 100 milliards d’euros allouée par le gouvernement n’a pas permis de doper leurs affaires. Marc Sanchez estime que ce plan de relance était surtout adressé aux "grandes et moyennes entreprises", laissant les plus petites sur le carreau, "à l'exception du chèque de 500 euros pour la digitalisation".

Par ailleurs, seules 11% de ces entreprises ont bénéficié du Prêt Garanti par l’État (un prêt octroyé avec une garantie apportée par les autorités sur une partie très importante de ce prêt) au 12 novembre 2021. Pour un tiers d’entre eux, l’allongement de deux années supplémentaire de la durée de remboursement de ce prêt est "vital".

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À l’horizon de la présidentielle 2022, ces patrons attendent surtout des mesures sur la question des charges sociales et de la protection sociale. Deux thématiques en tête de leurs préoccupations, devant la fiscalité, la relance du commerce de proximité et le financement de leurs entreprises. Pour les trois quarts d’entre eux, "les professionnels indépendants devraient disposer du choix d'augmenter leurs cotisations sociales pour disposer des mêmes droits que les salariés", relève l’étude.

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