Pour aider les commerces à liquider leurs stocks, le gouvernement imagine des "soldes-bis"

Pour aider les commerces à liquider leurs stocks, le gouvernement imagine des "soldes-bis"

Pour aider les commerçants à venir à bout de leurs invendus, l'exécutif planche sur plusieurs pistes, pour faciliter la vente à perte, quitte à en passer par des "soldes-bis". Côté commerçants, on préférerait une indemnisation.

Entre les 90.000 magasins fermés depuis ce weekend, et tous ceux qui l'étaient déjà, dans des régions reconfinées ou parce qu'ils sont installés dans des galeries commerciales fermées depuis l'automne, le trimestre aura été cruel pour le commerce "non-essentiel". Certains, comme les magasins de vêtements ou de chaussures, se retrouvent avec des stocks de marchandises importants qu'ils peuvent plus difficilement vendre, un poids d'autant plus lourd que leur trésorerie a été largement entamée par la crise sanitaire et les restrictions d'activité mises en place depuis un an. Et avec des soldes largement contrariées cette année, les invendus s'accumulent…

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C'est pour tous ces commerces, qu'ils soient aujourd'hui ouverts ou non, que le gouvernement dit réfléchir à plusieurs options. Bruno Le Maire l'a dévoilé dans une interview à nos confrères de RTL ce lundi. "Nous travaillons sur deux options, qui peuvent être complémentaires d'ailleurs", explique le ministre, "la liquidation des stocks qui normalement n'est possible qu'en période de soldes, (...) et puis pour tous ceux pour lesquels l'indemnisation du fonds de solidarité ne serait pas suffisante, (...) voir s'il n'y a pas des compensations financières". Une réponse indirecte aux détaillants et aux syndicats de commerçants qui réclament leur réouverture immédiate. De ce côté-là, si Bruno Le Maire défend les restrictions décidées dans 16 départements, il a confirmé que des adaptations pourraient être faites. Les commerçants, eux, dénoncent des décisions injustes, entre ceux qui peuvent rester ouverts, comme les fleuristes et les salons de coiffure, et ceux qui ne le peuvent pas comme les instituts de beauté. "Nous allons regarder chacune de ces situations", a indiqué Bruno Le Maire. "Le plus vite est le mieux", a-t-il ajouté concernant une éventuelle décision du gouvernement.

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Pour ce qui est de l'écoulement des stocks d'invendus, le ministre de l'Économie dit attendre des propositions concrètes de son ministre délégué aux PME, Alain Griset. Du côté des commerçants, on préférait une indemnisation claire à une réouverture des soldes un peu aléatoire. "Ce ne sont pas des soldes", tempère Yohann Petiot, directeur général de l'Alliance du Commerce, "les soldes, c'est un rendez-vous, encadré par la loi, là on demande juste que les stocks anciens puissent être liquidés dès la réouverture". Et de fait, pour certains commerces fermés depuis des mois dans des galeries commerciales à l'arrêt, imaginer vendre cet été les articles en solde de l'hiver dernier n'aurait pas grand sens, pas en tout cas au point d'en faire un rendez-vous commercial.

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 Si l'exécutif devait choisir l'autre option, celle de l'indemnisation, il faudra s'entendre sur son mode de calcul. Les représentants des commerçants plaident pour une comparaison au chiffre d'affaires de la même période en 2019, par exemple. De quoi sauver les meubles, en attendant la réouverture. "Depuis le 1er janvier, les commerces non-essentiels auront été fermés un jour sur trois", plaide Yohann Petiot. "Comment imaginer tenir sur la durée ?"

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