Face à la crise sanitaire, comment les stations de ski s'organisent-elles ?

Face à la crise sanitaire, comment les stations de ski s'organisent-elles ?

PLAN B - Les professionnels du ski subissent de plein fouet les conséquences de la crise sanitaire. Avec l'arrêt des remontées mécaniques, les saisonniers s'appuient sur d'autres activités pour limiter les dégâts et attirer les touristes.

Des monts enneigés et un temps ensoleillé. Les images sont éblouissantes mais l'envers du décor est plus morose. Face à un début de saison prometteur, la déception des professionnels est d'autant plus grande. Le secteur des sports d'hiver subit de plein fouet les conséquences des mesures prises pour endiguer la crise sanitaire. 

Leur souhait ? La réouverture des remontées mécaniques pour les vacances de Noël. Pour l'instant, les stations de ski ont obtenu un rendez-vous avec le gouvernement, prévu le 11 décembre, pour discuter des restrictions mises en place. En attendant, les saisonniers ouvrent ce week-end dans un contexte particulier. Tour d'horizon des stations de ski qui tentent de se rabattre sur d'autres alternatives.

Toute l'info sur

Covid-19 : la France touchée par une deuxième vague d'ampleur

Les dernières infos sur l'épidémie

Direction la station de La Clusaz, en Haute-Savoie (74). La neige est plutôt bonne et pour cause : 50 centimètres de poudreuse sont tombés en quelques heures. Certaines familles habitant à moins de 20 kilomètres ont décidé de profiter des joies de la montagne en dépit des restrictions. "Je suis trop content ! On peut s'amuser et même faire des igloos", se réjouit le petit Robin qui vient aider son grand-père à déneiger la maison. Puisque les remontées mécaniques sont à l'arrêt, les skieurs se consolent en essayant de nouvelles activités, moins prisées d'habitude. 

"On voit que les gens se sont mis à la randonnée", s'exclame une skieuse. En attendant la réouverture des pistes de ski alpins, les habitués s’initient au ski de fond ou bien à la raquette. "Ça fait patienter", lâche une jeune femme. À l'intérieur des boutiques, les rayons aussi s'adaptent aux nouveaux besoins des clients. Sur les étals, on observe, en vrac, des peaux de phoques et des skis de randonnées qui s'arrachent en quelques heures. Si ces achats permettent de limiter les dégâts, il s'agit d'une maigre consolation : "Normalement, je ne serais pas là avec vous en train de parler... À la place, je devrais louer des skis", soupire Philippe Trible, co-gérant de "Sport Boutique". 

Lire aussi

Avec un assouplissement du confinement et malgré la fermeture des remontées mécaniques, guides et accompagnateurs de montagne misent sur une fréquentation possible et "responsable" des massifs dès Noël. Par exemple, en Savoie, les bureaux des guides des 3 Vallées s'associent pour promouvoir des sorties d'initiation sur l'ensemble des stations du domaine (Courchevel, Méribel, Val Thorens, les Ménuires, Orelle, Saint-martin-de-Belleville, Brides-les-Bain).

À Gérardmer, dans les Hautes-Vosges, les commerçants tentent aussi de tirer parti des activités disponibles. "Il y a une grosse demande sur le ski nordique ou encore la randonnée alpine. L’année dernière a été nulle mais cette saison semble mieux lancée", déclare Jérôme Derexel, qui tient la boutique Ski Éclair. 

Si certains ont de l’espoir, l’ambiance est plus morose sur les pistes de ski alpin. Tout est à l’arrêt. La frustration est grande pour les professionnels qui pensaient se rattraper après une saison douloureuse. Sandra, saisonnière de la station de ski de Gérardmer, soupire : "C'est un crève-cœur de voir cette station enneigée et aucune remontée mécanique. L'an dernier, on a dû faire deux mois, en commençant le 20 janvier. C'est de plus en plus compliqué." Quelques cours de ski sont maintenus en petits effectifs mais pas de quoi faire travailler les soixante moniteurs de la station.

Les vacances de Noël : 20% dans le chiffre d'affaires du ski

Pendant ce temps, les professionnels du ski et les grands élus continuent leur bataille contre la décision du gouvernement de fermer les remontées mécaniques durant les vacances de Noël, qui pèsent pour 20% dans le chiffre d'affaires du ski. Un référé liberté a été déposé devant le conseil d’État, dont la décision est attendue en début de semaine prochaine. Samedi 5 décembre, 500 personnes - élus et professionnels de la montagne - ont manifesté à Chambéry pour l'ouverture des remontées mécaniques. 

Si le gouvernement a fait un pas en autorisant l'ouverture des remontées mécaniques pour les professionnels et pour les ski-clubs (paru au Journal Officiel ce samedi), ce geste reste insuffisant pour les manifestants : "Ça ne ramène pas des clients", expliquent-ils à France Bleu Pays de Savoie. En parallèle, le secrétaire d'État au tourisme, Jean-Baptiste Lemoyne, a promis samedi des dispositifs d'indemnisation pour les commerces des stations de ski. "On va mettre ce qu'il faut en dispositifs d'indemnisation. Il faut aider à la fois les saisonniers, qui seront éligibles au chômage partiel et il faut aider les commerces", a déclaré Jean-Baptiste Lemoyne sur Europe 1.

Sur le même sujet

Les articles les plus lus

EN DIRECT - Covid-19 : la France dépasse le seuil des 70.000 morts

Impôts : faites-vous partie des bénéficiaires de l'acompte versé ce vendredi ?

Vaccin Pfizer : les livraisons à l'UE vont être retardées de "trois à quatre semaines"

"Il va falloir encore tenir" : la réponse de Macron à Heidi, l'étudiante à bout qui l'a interpellé

Covid : quelle est la situation en Guadeloupe ?

Lire et commenter