Couvreur, charpentier, vétérinaire... ces métiers qui manquent de bras et peinent à recruter

Couvreur, charpentier, vétérinaire... ces métiers qui manquent de bras et peinent à recruter

DÉCRYPTAGE - Selon l'enquête annuelle de Pôle emploi publiée mardi et malgré la crise sanitaire, les perspectives d'embauche en France sont "encourageantes" pour 2021. Certains secteurs, notamment dans le bâtiment, souffrent même d’une pénurie importante de main d’œuvre.

Avec la crise sanitaire, y aura-t-il des conséquences sur l’emploi en France ? La dernière enquête annuelle "besoins en main d'œuvre" de Pôle emploi publiée mardi dépeint un marché du travail dynamique sur lequel les perspectives d’embauche s'avèrent "encourageantes". Selon les données récoltées, les entreprises n’auraient pas moins de 2723 millions de projets de recrutement pour 2021, soit 30.000 de plus qu'en 2019 (+1,1%)*. 

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De même, le nombre d’entreprises anticipant des difficultés de recrutement est en net recul (44,9% contre 50,1% en 2019). Ces résultats sont "extrêmement positifs et encourageants", affirme le directeur étude et performance de Pôle emploi Stéphane Ducatez. "On sent que les entreprises sont un petit peu dans les starting-blocks : dès que les restrictions sanitaires se lèveront, elles seront enclines à embaucher", ajoute-t-il. 

Des difficultés pour trouver de la main d'œuvre

Dans plusieurs secteurs, les perspectives sont particulièrement réjouissantes, avec des prévisions de recrutement massif (viticulteurs, agents d'entretien de locaux ou commis par exemple). Dans certains cas, les besoins surpassent régulièrement la main d’œuvre disponible. Ainsi, les médecins, les vétérinaires, les aides à domicile ou encore les carrossiers automobiles connaissent des difficultés de recrutement particulièrement marquées. 

Même son de cloche du côté des charpentiers (83% des entreprises peinent à trouver du personnel), des couvreurs (82%) ou des géomètres (82%). Interrogé par TF1, Olivier Trollé, chef d’entreprise de couverture-zinguerie, explique : "Je peux trouver de la main d’œuvre en intérim, donc des mains, mais pas obligatoirement du savoir-faire". "Cela fait 5 ans que je n’ai pas reçu de CV d’un couvreur. J’ai été obligé d’étoffer mon encadrement pour me consacrer plus de temps au recrutement et à la recherche de main d’œuvre", indique-t-il encore, précisant qu'il lui faut en moyenne huit mois pour trouver un couvreur.

Aujourd’hui, je suis obligé de refuser des commandes- Sébastien Méha, directeur de chantier

Parfois, ce problème entrave même le développement économique de plusieurs structures, pourtant considérablement sollicitées. "Aujourd’hui, je suis obligé de refuser des commandes, car il me manque au moins une dizaine, voire une quinzaine de personnes pour réaliser tous les chantiers en cours", se désole Sébastien Méha, directeur de chantier. 

Traditionnellement, ces professions sont assez peu attractives, du fait des conditions de travail souvent difficiles et de l’exposition aux caprices de la météo (températures, intempéries). Depuis plusieurs années, les formations pour accéder à ces métiers ont aussi été largement dévalorisées. Un cocktail explosif qui conduit à un désintérêt massif difficile à avaler pour les professionnels du secteur, d’autant plus lorsque l’on sait que, dans la majorité des cas, les embauches se font en CDI avec des niveaux de salaire très corrects.

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À noter que selon Pôle Emploi, les entreprises ne connaissent que peu de difficultés pour recruter à certains postes (journalistes, caissiers, agents d’accueil, professeurs du supérieur ou encore conducteurs sur rail). Ces secteurs sont généralement "bouchés", la main d’œuvre disponible étant régulièrement plus importante que les besoins. 

*L'étude de Pôle emploi, réalisée en collaboration avec le Credoc, entre octobre et décembre 2020, a porté sur 450.200 établissements. L'opérateur a pris le parti de faire une comparaison avec 2019, "dernière année pour laquelle les choses se sont déroulées normalement" (Stéphane Ducatez).  

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