Covid-19 : les médecins du travail pourront vacciner dès cette semaine

Un soignant prépare une dose du vaccin Pfizer-BioNTech Covid-19 dans un centre de vaccination à Nancy.

CHACUN SON TOUR - Avec l'arrivée de vaccins plus simples à conserver, la campagne de vaccination s'élargit aux entreprises. Mais l'opération est plus délicate que pour la grippe, et pose des questions de confidentialité.

Top départ en vue. C'est à compter de ce jeudi 25 février que les médecins du travail pourront commencer à vacciner les salariés contre le Covid-19. Une campagne largement encouragée par le gouvernement, pour prendre le relai des centres de vaccination, pour l'essentiel concentrés sur des populations sorties du monde du travail. 

Un premier effet visible de l'arrivée chez nous du vaccin anti-Covid d'AstraZeneca, dont la conservation - qui ne requiert pas la même surgélation que ceux de Pfizer ou Moderna - rend la distribution compatible avec les circuits des vaccins habituels, comme, par exemple, celui de la grippe, déjà massivement administré par des services de santé en entreprise.

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Covid-19 : le défi de la vaccination

Une avancée majeure, mais qui ne concerne pas encore tout le monde. Si le nouveau vaccin élargit le spectre des personnes éligibles, elle ne le fait que par strates. Après les plus de 75 ans, les professionnels de santé, et les résidents des EHPAD, ce sont maintenant les personnes de 50 à 64 ans qui sont concernées, mais uniquement celles qui sont les plus à risque face au virus. L'entrée en jeu de la médecine du travail ne change pas la feuille de route de la campagne vaccinale, leurs obligations sont les mêmes que pour les médecins généralistes, par exemple.

"Vous pouvez vacciner dès demain"

Pour les praticiens en entreprise, c'est toute la donne qui change, le feu vert de l'exécutif arrive même comme une surprise. "Très honnêtement on se sentait oublié", explique le docteur Éric Sauvage, médecin en santé-travail à TF1, "On a maintes fois écrit pour savoir si et quand on pourrait disposer de vaccins, et nos demandes étaient restées sans réponses... mais là on nous dit soudain "vous pouvez vacciner dès demain"".

Pour pouvoir prétendre à un vaccin dans les jours à venir, il faudra donc avoir 50 ans révolus, mais aussi souffrir d'une comorbidité (diabète, obésité, antécédents respiratoires ou cardiaques, entre autres). Comme pour toute autre vaccination d'un adulte, celle-ci se fera sur le principe du volontariat. Mais l'éligibilité basée sur les affections dont les salariés souffriraient déjà a fait éclore certaines craintes. Aller se faire vacciner reviendrait pour les personnes concernées à s'autodésigner comme une personne "fragile". 

Un faux problème pour notre médecin du travail : "On reste dans les protections habituelles du secret médical, je ne ferai pas remonter la liste des vaccinés à l'employeur, pour qui tout cela reste opaque, et la vaccination n'est obligatoire pour personne", rappelle le docteur Sauvage.

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Autre différence avec des vaccins habituels : le conditionnement du vaccin modifie quelque peu les conditions de son administration. Ici, pas de doses individuelles, mais des flacons contenant dix doses chacun, à administrer très rapidement, dans les six heures suivant son ouverture s'il est tenu à température ambiante. "C'est cela qui complique les choses pour les médecins généralistes", analyse Éric Sauvage, "ce n'est pas du tout un mode de travail habituel, il faut regrouper dans le temps les patients à vacciner."  

Une contrainte un peu plus simple à gérer en entreprise ou dans les organisations de médecine du travail. Conservés dans des réfrigérateurs d'officine, le vaccin peut se conserver beaucoup plus longtemps.

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Vaccination contre la Covid-19 : vers une nouvelle stratégie ?

Pour autant, les quantités de vaccin disponibles pour les services de santé des entreprises pourraient être limitées, une dizaine de doses cette semaine, deux à trois fois plus la semaine prochaine. De quoi tester la mécanique et la logistique d'une campagne de vaccination pas comme les autres. "C'est une première étape", rappelle Elisabeth Borne au ministère du Travail, "Quand on donnera accès au vaccin à tous les adultes, alors les entreprises pourront vraiment monter en puissance." Et administrer la seconde dose prévue du vaccin d'AstraZeneca, entre huit et douze semaines après la première.

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