Crainte d'un plan social massif chez Vivarte : les salariés fixés sur leur sort ce mardi

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SOCIAL - Les salariés du groupe d’habillement Vivarte devront encore attendre pour connaître l'ampleur du plan de restructuration des enseignes La Halle et André, qui pourrait concerner jusqu'à 2000 personnes. Après un Comité de groupe qui s'est tenu ce lundi, les annonces devraient être faites ce mardi lors des comités d'entreprise des enseignes concernées.

Quelle restructuration chez le géant de l’habillement Vivarte ? Les délégués syndicaux présents ce lundi à Paris au siège du groupe, qui rassemble des enseignes telles que Minelli, Chevignon, Kookaï ou La Halle, sont restés sur leur faim. Souhaitant connaître le détail du plan de restructuration qui devrait toucher les enseignes La Halle aux chaussures, La Halle (anciennement La Halle aux vêtements) et André, la marque historique du groupe, ces derniers n’ont eu droit qu’à "des généralités", a-t-on appris de source syndicale. 


Des PSE devraient toutefois bien être annoncés ce mardi lors des Comités d’entreprise extraordinaires des enseignes concernées. Fermetures, cessions, réorganisation du siège : le plan d’économies de la direction reste donc à préciser. "Pour l’instant, on reste sur les informations que nous avions déjà, à savoir la fermeture de 130 magasins de la Halle aux chaussures (sur 650, ndlr), soit 400 à 500 personnes concernées", nous indique-t-on. En tout, les syndicats s’attendent à un plan social touchant entre 1500 et 2000 personnes sur un effectif de quelque 17.000 salariés en 2016.

"Les actionnaires n'ont que la rentabilité" en tête

Face à ce nouveau plan de réduction du personnel, l’intersyndicale CGT, FO, CFE-CGC, CFTC et SUD avait appelé à se réunir devant le siège parisien du groupe ce lundi. Présent, le leader de la CFDT, Laurent Berger, a dénoncé la position de l'actionnaire de Vivarte. Le syndicaliste a ainsi fustigé la "stratégie financière suivie par les actionnaires qui n'ont que la rentabilité" en tête et font des "restructurations successives sans jamais se préoccuper des hommes et des femmes qui sont derrière". Vivarte dispose du "savoir-faire des salariés", d'implantations dans les centres-villes et en périphérie, de marques et de produits, a-t-il détaillé. Il faut que les actionnaires "arrêtent de se servir sur l'entreprise", prennent la dette "en charge" et qu'il y ait "une vraie stratégie industrielle", a encore attaqué Laurent Berger. 


Après plusieurs années de difficultés, les salariés s’inquiètent de leur avenir. Le plan de montée en gamme porté par l’ancien président Marc Lelandais (2012-2014) n’a pas obtenu les résultats escomptés. Voyant la clientèle délaisser notamment les magasins de l’enseigne La Halle, les salariés ont nourri des interrogations sur l’évolution de la société.  En 2015, la première alerte a pris la forme d’un plan de sauvegarde de l’emploi qui a durement frappé les magasins de La Halle aux vêtements : 1.500 emplois ont été supprimés.


Puis, en septembre dernier, l’annonce de la mise en vente des marques Kookaï, Chevignon et Pataugas, mais aussi des filiales espagnoles Fosco et Merkal, ont confirmé les difficultés financières de Vivarte et l’objectif de réduction de coûts du groupe. Confronté à une dette de 1,5 milliard d’euros et avec des bénéfices en chute libre - l’excédent  brut d’exploitation est ainsi passé de 500 millions d’euros en 2011 à 75 millions en 2015-2016 -, Vivarte a dû affronter des crises de gouvernance à répétition. Aujourd’hui, avec l’arrivée au capital de fonds de dette anglo-saxons majoritaires, la restructuration du groupe semble s’accélérer. 

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Le groupe Vivarte en très grande difficulté

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