Il dort au fond d'un tiroir mais représente un gisement d'emplois

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CONSO - Un rapport du Sénat met en avant les enjeux économiques que représente le recyclage des anciens téléphones portables. Seulement 15 % des téléphones portables usagés sont repris et recyclés.

C’est un gisement de métaux précieux encore largement inexploité. Près de 100 millions de portables obsolètes dorment aujourd’hui dans nos tiroirs selon un rapport publié jeudi dernier par les sénateurs Marie-Christine Blandin (Les Verts) et Jean-François Longeot (UDI). 


Pour des raisons écologiques mais aussi parce que cela permettrait de créer de très nombreux emplois. Un PME dans les deux-sevres en a traité en moyenne 300.000 par an avec 140 salariés : cela permet d'envisager le potentiel d'activité avec 100 millions de téléphones en stock. 

Le rapport préconise donc la création d’une filière complète mais pour cela, Il faudrait que les Français rapportent leurs portables. Actuellement seul un téléphone sur six est recyclé. Les Français ont du mal à se séparer de leur vieux portable :

près de la moitié préfèrent le garder si le premier tombe en panne ou parce que c’est délicat de se débarrasser d’un appareil qu’on a payé cher. Et un peu moins d’un tiers le revend ou le donne à un ami ou à un membre de sa famille. 

La conception des téléphones est délibérément défavorable au recyclage et au réemploirapport

Cependant, les vendeurs de téléphones ont l’obligation de reprendre les anciens à chaque fois qu’ils en vendent un, ce qu’ils font rarement. D’après le rapport, il est urgent de bâtir une stratégie pour exploiter au mieux cette montagne de déchets dont la valeur est encore mal connue. Plusieurs facteurs  expliquent le faible taux de récupération des téléphones usagés. Les consommateurs, par peur de divulguer leurs données personnelles, hésitent à faire recycler leurs portables. Ils ne savent pas non plus comment s'en débarrasser car les opérateurs seraient loin d'en assurer systématiquement la reprise. De nombreux téléphones sont également exportés vers l'étranger pour une seconde vie.


Le rapport déplore également que « la conception des téléphones est délibérément défavorable au recyclage et au réemploi ».

Les cartes électroniques que contiennent les portables sont partiellement composées de métaux rares, une tonne de ces cartes peut ainsi rapporter jusqu’à 1 kg d’or, 5 kg d’argent ou encore 250 kg de cuivre. Une rentrée d’argent non négligeable quand on connait l’actuel niveau des cours de ces métaux précieux.


En 2012 selon une étude de l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (ADEME), seulement un quart du tonnage de cartes collectées a été traité. Soit rien que pour l'or une perte de valeur de 124 millions d'euros faute de recyclage.

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