Crise économique : quand les aides publiques remettent à plus tard les faillites de 2020

Crise économique : quand les  aides publiques remettent à plus tard les faillites de 2020

MIRAGE - On attendait une vague de fermetures d'entreprises, et c'est l'inverse qui est arrivé. Avec des défaillances en baisse d'un tiers, 2020 est une parenthèse enchantée, qui cache des lendemains qui vont déchanter pour des entreprises souvent exsangues.

De prime abord, cela pourrait ressembler à la meilleure nouvelle récente sur le front de l'économie. En 2020, le nombre de faillites d'entreprises aurait ainsi connu une baisse subite, vertigineuse, plus de 30% de défaillances en moins d’une année sur l’autre. Autant dire du jamais-vu.

Une bonne nouvelle qui, pourtant, fait froid dans le dos des économistes et des tribunaux de commerce. Pour eux, le paradoxe de cette année Covid ne serait qu'une illusion de bonne santé avant un retour à la réalité probablement cruel en 2021. Comme une parenthèse enchantée... qui n’annonce rien de bon. 

Toute l'info sur

Coronavirus : l'impact économique de la pandémie

Pourtant, les chiffres sont là. Selon le baromètre du Conseil national des greffiers des tribunaux de commerce (CNGTC), le nombre d'entreprises en difficulté a bien diminué ces derniers mois. Elles n'auraient ainsi été que 7500 environ à venir déposer leur bilan devant les tribunaux. Un nombre en chute de 37 % par rapport à la même période en 2019. 

Sur l'année entière, le nombre de ces procédures serait en baisse de 35 % environ. Même les secteurs les plus particulièrement sinistrés, comme l'hôtellerie, la restauration, le tourisme ou l'événementiel ont connu moins de défaillances que les années précédentes, eux dont l’économie est pourtant à l’arrêt ou presque.

Lire aussi

Le remboursement des Prêts Garantis par l'État remis à l'après-Covid ?

Si l’on regarde les choses comme un verre à moitié plein, la vague de faillite que l'on craignait au second semestre ne se sera donc pas matérialisée, malgré la crise. Un retard comptable qui s'explique par la généralisation du chômage partiel, mais aussi bien souvent par le recours aux prêts garantis par l'État (PGE), des prêts qui ont été accordés à hauteur de 130 milliards d'euros depuis le début de la crise. Le problème, c'est que cette perfusion d'aides ne durera pas éternellement. Le dispositif du chômage partiel a par exemple déjà été revu à la baisse, modestement pour l'instant, mais il est écrit qu'il s'éteindra à la fin du premier semestre 2021.

Du côté des PGE également, les entreprises s'inquiètent. Ces prêts distribués à partir du mois de mars dernier prévoyaient le plus souvent un remboursement différé d’un an, pour passer une crise dont on n’imaginait pas qu’elle durerait si longtemps. Des mensualités qui deviendraient donc exigibles au printemps 2021, alors que nul ne sait quel sera l'état réel de l'économie du pays, et de ses entreprises en particulier.

En vidéo

Faillites : ces entreprises victimes du Covid-19

Pourtant, aujourd'hui déjà, nombre d'entrepreneurs ont reçu des messages de leur banque les invitant à se préparer aux premières échéances. D'autres en revanche ont averti leurs entreprises clientes bénéficiant d'un PGE que leur premier remboursement serait remis à plus tard. C'est le cas par exemple des Caisses d'Épargne, qui ont prolongé d'un an le report d'amortissement de ces prêts. Une facilité de crédit encouragée au moins tacitement par la puissance publique, et pour cause, en cas de défaillance de l'emprunteur, c'est bien l'État qui devrait passer à la caisse. 

Des ménages prêts à consommer ?

Autre paradoxe d'une année où les indicateurs économiques habituels n’ont plus cours : contre toute attente, en décembre, le moral des ménages français a nettement rebondi. S'il reste en dessous de ses niveaux habituels, ce baromètre met en évidence un peu plus d'optimisme de la part des consommateurs, moins enclins à épargner à marche forcée, comme ils l'avaient fait au printemps dernier.

Après avoir chuté depuis le début de l'automne, la proportion des ménages qui considèrent que le niveau de vie en France va s'améliorer fortement au cours des 12 prochains mois a largement augmenté. Les craintes face au chômage ont elles nettement baissé en décembre. Un mois plus tôt, le même baromètre mettait en évidence un moral des Français tombé au plus bas depuis la crise des gilets jaunes en décembre 2018.

Sur le même sujet

Les articles les plus lus

EN DIRECT - Immeuble effondré à Sanary : une troisième personne décédée

EN DIRECT - Covid-19 : plus de 61.000 nouveaux cas en 24 heures, "record" de cette 5e vague

Faut-il se refaire intégralement vacciner si on est en retard pour sa 3e dose ? Le 20H vous répond

EN DIRECT - Présidentielle 2022 : Montebourg prêt à offrir sa "candidature à un projet commun et à un candidat commun"

VIDÉO - "Plus jamais ça" : l'alerte des parents de l'ado électrocutée par son téléphone en prenant un bain

Lire et commenter
LE SAVIEZ-VOUS ?

Logo LCI défend l'ambition d'une information gratuite, vérifiée et accessible à tous grace aux revenus de la publicité .

Pour nous aider à maintenir ce service gratuit vous pouvez "modifier votre choix" et accepter tous les cookies.