Croissance, retraites... des indicateurs économiques moins mauvais que prévus

Croissance, retraites... des indicateurs économiques moins mauvais que prévus

BONNES SURPRISES - Si l’on met de côté les abysses du déficit de la Sécurité sociale, les indicateurs économiques publiés ces derniers jours sont autant de surprenantes bonnes surprises… qui cacheraient la crise à venir ?

Si les Français ont appris à vivre avec une Sécurité sociale en déficit chronique, le chiffre qui vient d’être publié a quand même de quoi faire réfléchir. En 2020, le régime maladie a sans surprise propulsé la sécu vers des pertes abyssales. A 38,6 milliards d’euros de déficit sur l’année, c’est même “le plus élevé jamais enregistré dans l’histoire de la sécurité sociale”, rappelle le gouvernement dans un communiqué. Des pertes record, mais qui sont pourtant en deçà de ce que prévoyait l’exécutif, qui avait fait voter une rallonge de 49 milliards d’euros dans le budget de la Sécu, pour justement amortir l’effet du Covid.

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Explication de cet écart inattendu : des impôts et cotisations mieux rentrés que prévu. Mais si les dix milliards virtuellement économisés par rapport à la pire des hypothèses budgétaires tiennent de la bonne nouvelle, ils en cachent une autre : la surprenante embellie des comptes de l’assurance retraite. Une branche qui s’en tire nettement mieux que prévu, avec une perte réduite de 10,3 à 3,7 milliards, auxquels il faut quand même ajouter les 2,5 milliards du Fonds de solidarité vieillesse. Comme l’explique Olivier Dussopt, ministre des Comptes publics, "la branche bénéficie pleinement de la résistance de l'activité économique". Pour autant, l’exécutif réaffime qu’il n’a pas l’intention de renoncer à son projet de réforme des retraites.

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Côté macro-économique aussi, les nouvelles sont bonnes… ou en cas moins mauvaises que prévu. Ainsi, si l’on en croit la Banque de France, l’économie française devrait connaître dans les mois à venir un rebond notable. Les économistes de la banque centrale ont ainsi remonté leurs prévisions de croissance à 5,5%, contre 5% auparavant. Une projection qui se rapprocherait des 6% qu’anticipe le gouvernement, et des 5,9% prévus par l’OCDE. Après une chute plus brutale que la moyenne de la zone Euro l’année dernière, la France afficherait ainsi une croissance plus forte que ses voisins… au moins en moyenne.

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Parmi les explications, la consommation et l’investissement, dopés par le plan de relance. Idem pour le commerce extérieur, qui remonte après avoir plongé l’année dernière. Même l’emploi accompagne le mouvement, avec un chômage certes à niveau stratosphérique, mais réévalué à 9,5% contre 10,5% précédemment. "L'ajustement au choc d’activité (s'est) fait davantage que prévu par le nombre d'heures travaillées plutôt que par les effectifs", explique la BdF. Pour autant, il ne devrait toutefois y avoir aucune création nette d'emploi cette année, puis seulement 25.000 en 2022, avant 125.000 en 2023, estime-t-elle, ce qui signifie que ce haut niveau de chômage devrait perdurer plusieurs années. 

Une embellie au conditionnel

Reste que ces comptes se font au milieu du gué, dans une crise sanitaire qui n'a pas encore dit son dernier mot, et dont les conséquences budgétaires vont continuer à se faire sentir. Ainsi, on sait que la facture du Covid devrait continuer à s'allonger en 2021, notamment avec la vaccination "qui devrait représenter une dépense d'au moins 5 milliards cette année", explique le ministre de la Santé Olivier Véran. Une vaccination qui mettrait un point à l'épidémie, si les variants ne viennent pas contrarier la donne.... 

Surtout, la crise sanitaire est un train qui peut en cacher un autre, celui de la crise économique prédite, prévue, presque inéluctable, mais qui n'arrive toujours pas, on le voit au travers des chiffres de l'emploi. A-t-elle été étouffée dans l'œuf, ou juste remise à plus tard ? Difficile à trancher, alors que l'on a bien du mal à prédire les effets de la fin programmée des aides exceptionnelles du "quoiqu'il en coûte", prêts garantis et chômage partiel en première ligne, largement déployés sur l'année écoulée. Signe de l'incertitude sur l'évolution de l'épidémie, la Banque de France maintient en fait deux scénarios alternatifs. Le plus favorable reste sur une prévision de croissance de 7% cette année. Le plus pessimiste, qui repose sur une circulation accélérée de l'épidémie durant l'année, fait lui désormais ressortir une croissance de 3% seulement.

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