Croissance et déficit : les prévisions du gouvernement sont-elles vraiment irréalistes ? La réponse en infographies

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ANALYSE - Même si elles sont jugées "improbables" par le Haut Conseil des finances publiques, Bercy a maintenu ses prévisions de réduction de déficit et de croissance pour 2017. L’expérience montre que le gouvernement peut nourrir un certain optimisme. La preuve avec ces quelques graphiques.

Ce mardi, à la veille de la présentation du dernier budget du quinquennat de François Hollande, le Haut Conseil des finances publiques (HCFP), présidé par le président de la Cour des comptes Didier Migaud, a jugé "improbables"  la prévision de réduction de déficit à 2,7% du PIB inscrite dans le Projet de loi de finances 2017. Quant aux prévisions de croissance à 1,5%, là encore, l’institution budgétaire indépendante ne s’enthousiasme pas beaucoup,  la considérant "un peu élevée". 


Qu’importe, le gouvernement a pris l’habitude ces dernières années qu’on douche son optimisme. "En 2014 et en 2015, nous avons essuyé les mêmes critiques de la part des mêmes experts. Ils se sont trompés coup sur coup", a répondu, offensif, le ministre de l’Economie Michel Sapin ce mercredi. Pas question donc, on l’aura compris, que Bercy révise à la baisse ses ambitions, au risque de prédire l’échec d’un retour dans les critères budgétaire de Maastricht, l’une des principales promesses de campagne du candidat Hollande en 2012. 

Des erreurs de part et d’autre

A la vue de la comparaison des prévisions du gouvernement en matière de déficit public et de taux de croissance et des résultats effectivement obtenus ces dernières années, force est de constater que des erreurs ont été commises, mais pas toujours par Bercy. 


Largement trop ambitieuses en début de mandat, en raison notamment d’une sous-estimation de l’impact de la hausse d’impôts sur les rentrées fiscales, les prévisions de réduction de déficit ont rapidement été corrigées pour finalement dépasser largement l’an dernier les estimations du gouvernement : -3,5%, contre -4,3% dans le PLF 2015. 

Un résultat obtenu notamment grâce à une croissance plus forte que prévu.  "Ce qui était hors d'atteinte fut atteint", n’a d’ailleurs pas  manqué d’insister Michel Sapin ce mercredi. Entre 2015 et 2017, le gouvernent aura ainsi réalisé 46 milliards d’euros d’économies. Comme les années précédentes, Bercy devrait en outre une nouvelle fois compter sur les rentrées issues de la lutte contre l’évasion fiscale.  

Sous Sarkozy, des prévisions bouleversées par la crise

 

Bien qu’encore fragile et limitée, la reprise semble  donc se confirmer, offrant du coup plus de visibilité dans l’exercice parfois périlleux de la construction du budget. Cette "stabilité", Nicolas Sarkozy aurait sans doute apprécié de la connaître entre 2007 et 2012. Mais la crise financière est passée par là, bouleversant considérablement les prévisions. 


En 2009, au plus fort de l’impact des subprimes sur l’économie mondiale, le PIB a par exemple reculé de 2,9% quand le gouvernement de François Fillon tablait sur 1% de croissance. Résultat : le déficit public, estimé à -2,4% dans le budget 2009, était en réalité tombé cette année-là à 7,2% du PIB, un niveau jamais atteint sous la Ve République ! 

La crise avait alors laminé les recettes fiscales, notamment l’impôt sur les sociétés. Dans ce contexte, les prévisions et les résultats effectivement obtenus en termes de croissance et de réduction du déficit ont mis du temps à retrouver un semblant de stabilité. Nicolas Sarkozy l’apprendra notamment à ses dépens dans le dernier budget de son quinquennat. Bien que révisé en catastrophe fin août 2011, il conservera un 1,75% de croissance beaucoup trop ambitieux pour une année 2012 marquée par le calage de l’économie française. 

VIDEO - Déficit, croissance... : François-Xavier Pietri, éditorialiste à TF1, décrypte la loi de finances 2017

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