Discriminations à l’embauche selon l’origine : les résultats alarmants du testing du gouvernement

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EMPLOI – Le ministère du Travail a rendu public ce lundi les résultats d'une vaste opération de "testing" sur les discriminations à l’embauche selon l’origine du nom des candidats. Elles restent une réalité dans les grande entreprises.

L’origine reste un frein à l’embauche. Malgré le renforcement de la législation, les déclarations d’intention et les campagnes d’information, il vaut mieux encore aujourd’hui s’appeler Aurélie ou Julien que Djamila ou Fayçal pour décrocher un job en France. C’est le triste résultat d’une vaste enquête menée par le département d’études de l’association Inter service migrants (ISM) pour le compte du ministère du Travail. 


Selon cette étude, réalisée auprès d’une quarantaine d’entreprises de plus de 1000 salariés, 36% des CV dont le nom du candidat est à consonance "maghrébine" ont reçu une réponse positive, contre 47% des CV à consonance "hexagonale". Soit un écart très significatif de 11 points constaté indépendamment du sexe du candidat ou de la catégorie du poste visé -employés ou manageurs. 

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"Mon enjeu est de faire changer les comportements, a réagi la ministre du Travail, Myriam El Khormi, en présentant ces résultats qui montrent selon elle que "l'inégalité de traitement selon l'origine supposée est une tendance de fond".

12 entreprises sur 40 nettement discriminantes

Afin de s’assurer de la pertinence des résultats obtenus, chaque entreprise a été testée entre 30 et 40 fois au cours d’une période allant d’avril à juillet 2016. Dans cette optique, 3000 candidatures ont été adressées, soit 1500 paires de CV rigoureusement identiques, où seule l’origine du nom était changée. Les candidatures répondaient à des offres émises par les entreprises testées. 


Selon l’ISM, seules les candidatures présumées d’origine "hexagonales" ou "maghrébines" ont été proposées car d’autres origines relativement moins fréquentes parmi les lettres habituellement reçues pour certains métiers auraient pu "éveiller les soupçons des recruteurs".  Sur les 1500 offres testées, 56% ont reçu une réponse positive. Parmi elles, l’un des deux CV a été privilégié dans quasiment 30% des cas, avec un choix qui s’est nettement porté sur la candidature "hexagonale". 


Voilà pour les résultats généraux. Au niveau des entreprises testées, si la majorité a appliqué, le plus souvent, "une égalité de traitement", pour douze d’entre elles, l’écart de traitement est significatif, allant de 15 à 35 points. Ces sociétés, dont l’identité n’est pas communiquée, sont désormais invitées à adresser au ministère des mesures permettant de corriger cette discrimination à l’embauche. A défaut, a prévenu Myriam El Khomri, "je n'hésiterai pas à les désigner publiquement".

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