La mort d'Olivier Dassault complique un peu plus la succession à la tête de l'entreprise familiale

La mort d'Olivier Dassault complique un peu plus la succession à la tête de l'entreprise familiale

DE PÈRE EN FILS - Après la mort accidentelle d'Olivier Dassault, c'est une page de plus qui se tourne dans l'histoire du groupe qui porte son nom, emblématique d'un capitalisme familial à la française, où rien n'est vraiment un long fleuve tranquille.

Trois ans après la disparition du patriarche Serge Dassault, celle de son fils Olivier, décédé dans un crash d'hélicoptère ce dimanche, remet sur le tapis l'avenir du groupe Dassault, toujours à la recherche de son prochain dirigeant. Une question que le patriarche n'avait pas voulu régler de son vivant, Serge Dassault ayant laissé ses quatre enfants comme autant de co-héritiers à parts égales. Pour autant, Olivier Dassault était l'un des candidats les plus sérieux à la succession de son père. 

Aujourd'hui, c'est Charles Edelstenne, l'un des artisans du groupe, et un fidèle parmi les fidèles, qui assure un intérim voulu par Serge Dassault. Âgé de 83 ans, il devrait laisser la main d'ici 2023, ce qui lui laisse le temps de désigner un nouveau dirigeant. Issu de la fratrie, ou non ? C'est toute la question. Pour l'aider dans sa quête, Charles Edelstenne est assisté d'un comité des sages ad hoc, largement composé d'anciens patrons d'entreprises du CAC40, à la fois chargé de conseiller les héritiers, et de nominer celui ou celle qui prendra la tête de l'empire familial. En attendant, ces derniers président la holding Groupe Industriel Marcel Dassault (GIMD), qui chapeaute toutes les filiales du groupe. Une présidence tournante plutôt que collégiale, les trois frères Laurent, Thierry, Olivier, et leur sœur Marie-Hélène Habert se succédant à ce poste, un an à la fois, avec parfois des à-coups, des conflits que le comité des sages vient arbitrer.

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Pour ces derniers, difficile de dire si la disparition d'Olivier Dassault complique les choses ou les simplifie. Difficile d'imaginer nommer à la tête de Dassault quelqu'un qui n'ait pas la légitimité du nom, mais serait-ce forcément l'intérêt de l'entreprise ? L'époque Marcle Dassault est aujourd'hui bien loin, et le groupe est plus diversifié qu'il n'y paraît : outre toutes les filiales de l'avionneur proprement dit, on trouve aussi le Groupe Le Figaro, la maison de ventes aux enchères Artcurial, ainsi qu'un groupe immobilier, et des vignobles. On trouve surtout la pépite du groupe, Dassault Systèmes, le spécialiste de la 3D et ses quatre milliards d'euros de chiffre d'affaires, la seconde activité du groupe en valeur, derrière l'aviation d'affaires. À sa tête, Bernard Charlès, autre fidèle parmi les fidèles, entré chez Dassault il y a près de quarante ans... au point de faire partie de la famille ?

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Le député LR Olivier Dassault meurt dans le crash d'un hélicoptère dans le Calvados

S'il gardait des postes d'administrateur dans plusieurs sociétés du groupe, Olivier Dassault avait il y a deux ans laissé sa place au conseil de surveillance à sa sœur, Marie-Hélène Habert, ostensiblement pour éviter tout conflit d'intérêt, lui qui était député de l'Oise. Une prise de recul pour mieux revenir ? Nul ne le saura jamais désormais. À ce jour, personne n'aurait repris le bureau qui a été celui de Marcel puis de Serge Dassault, dans l'immeuble du Rond-Point des Champs Élysées. 

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