"Effets pervers et choquants", "régression sociale" : avocat des salariés de Tati, Thomas Hollande dézingue... la loi Macron, votée sous son père

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TACLE - Thomas Hollande, fils de François Hollande et avocat de salariés des enseignes en difficulté Tati et Fabio Lucci, a appelé samedi Emmanuel Macron à s'engager sur ce dossier qui concerne 1.754 salariés. Il a aussi critiqué un dispositif de la loi Macron sur les licenciements collectifs.

Les oreilles de son père, François Hollande, ont dû siffler. Et celles du nouveau président de la République aussi. Thomas Hollande, avocat des salariés des enseignes Tati et Fabio Lucci, en redressement judiciaire, a vertement critiqué samedi la loi Macron, et appelé le nouveau président à se saisir rapidement du dossier.


Agora Distribution, en redressement judiciaire, compte 140 magasins et 1.754 salariés travaillant dans les enseignes Tati, Fabio Lucci, Gigastore et Degrif'Mania. Thomas Hollande est l'avocat de l'une des trois structures qui composent Agora Distribution. 


"Dès que le nouveau gouvernement sera nommé, on l'interpellera sur ce dossier, surtout que c'est la loi Macron qui a supprimé l'obligation pour les groupes de financer les Plans de sauvegarde de l’emploi de leurs filiales en redressement judiciaire", a-t-il taclé lors d’un rassemblement organisé par l’intersyndicale devant un magasin Eram rue de Rennes à Paris, à la veille de la passation de pouvoirs à l'Elysée. 

"Une protection de plus en plus faible des salariés"

Pour Thomas Hollande, c’est très clair : la loi Macron votée en août 2015 protège les grands groupes et a des effets pervers : "Cette loi pousse des groupes à abandonner leurs filiales, à les mettre en redressement judiciaire pour ne pas assumer leurs responsabilités". Dans une interview au Parisien, il explique avoir "le sentiment qu'aujourd’hui, il y a véritablement une régression sociale et une protection de plus en plus faible des salariés" : "Le rapport de force entre les employeurs et les employés est de plus en plus déséquilibré", dit-il. 


Et clairement, le dossier Tati est un exemple très concret des "effets pervers et choquants de la loi Macron" : "C’est un groupe familial français qui se porte bien", détaille-t-il. "Sa situation financière lui permettrait de financer le PSE sans le mettre en péril. En 2015, il a réalisé un chiffre d’affaires d’1,5 milliard d’euros. La situation catastrophique de Tati est totalement imputable à la direction, dont la stratégie commerciale et la gestion ont été désastreuses." Pour lui, c’est clair : "C’est donc la responsabilité morale et sociale de la famille Biotteau, propriétaire et dirigeante du groupe Eram, que de contribuer au financement de mesures dignes pour les centaines de salariés qui risquent d’être licenciés. Il serait scandaleux que la collectivité ait à supporter le coût financier des suppressions d’emplois." 

Le calendrier est "une drôle de coïncidence"

Thomas Hollande s’interroge d’ailleurs sur le fait que la direction ait choisi l’entre-deux tours de la présidentiells et la vacance du pouvoir pour engager cette procédure de redressement judiciaire. "C’est une drôle de coïncidence. Aujourd’hui, les représentants du personnel n’ont pas d’interlocuteur étatique à qui s’adresser. On attend impatiemment le nouveau gouvernement. C’est le résultat d’une loi initiée par le nouveau président. Cela justifie d’autant l'intervention de son gouvernement pour faire pression sur le groupe Eram." 


Sur les réseaux sociaux, le tacle de Thomas Hollande n’est pas passé inaperçu. Mais beaucoup font remarquer que cette loi a été votée... sous le mandat de son père, François Hollande.

De quoi faire mentir le dicton "tel père, tel fils" ? Quoi qu'il en soit, sur le fond du dossier, 5 offres de reprises ont été déposées. Elles seront examinées le 29 mai par le tribunal de commerce de Bobigny.

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