Envision : quel est ce groupe chinois qui investit 2 milliards dans les batteries électriques à Douai ?

Emmanuel Macron doit annoncer lundi dans le Nord l'implantation d'une usine sino-japonaise de batteries pour voitures électriques.

ECONOMIE - Ce lundi, Emmanuel Macron doit annoncer dans le Nord l'implantation de cette usine sino-japonaise de batteries pour voitures électrique. Alors que le groupe va créer 1000 emplois d'ici à 2024, que sait-on sur cette entreprise ?

En pleine crise sanitaire et économique, ces chiffres donnent le tournis. Deux milliards d'euros d'investissement, 1000 emplois créés d'ici à 2024... Le groupe chinois Envision ne fait pas dans la demi-mesure lors de son implantation dans le Nord. Pour son premier déplacement après la défaite cinglante de son parti aux régionales, Emmanuel Macron doit formellement annoncer lundi à Douai l'implantation d'une usine sino-japonaise de batteries pour voitures électriques, la présentant comme un symbole de l'attractivité française. L'Elysée a qualifié l'investissement d'"absolument majeur en France", et y voit l'une des annonces principales du sommet de grands patrons étrangers organisé lundi à Versailles, appelé "Choose France".

Le projet, déjà défloré dans ses grandes lignes vendredi par le président de la région des Hauts-de-France Xavier Bertrand, aura deux phases : la construction du site entre 2022 et 2024 près d'usines Renault existantes dont les véhicules intègreront les batteries, puis une extension de la capacité de production à l'horizon 2030. En septembre dernier, le Journal du dimanche parlait déjà de cet industriel chinois. L'entreprise qui joue aux pères Noël a été créée il y a treize ans par Lei Zhang, un chef d'entreprise de Shanghai. Passionné par le développement durable, l'homme d'affaires a porté auparavant le costume de banquier à Londres, souligne Le quotidien Les Echos. 

Si le groupe chinois est méconnu du grand public, il est pourtant bien implanté au sein des professionnels du secteur associé par exemple à Total ou à Suez dans certains projets. La jeune pousse chinoise s'est rapidement développée, devenant un fabricant important d'éoliennes offshore. "Il s'est ensuite étendu sur les autres maillons de la chaîne de valeur en développant des services numériques (gestion intelligente des réseaux électriques, du stockage de l'électricité, etc.), un domaine clé en vue de la 5G", continue le Journal du dimanche

Le rachat de la filiale de Nissan marque un tournant

Dans une interview visible sur le site de Business France, le patron d'Envision Energy, Lei Zhang, présente son entreprise et sa stratégie en France. Il évoque l'achat en 2016 de Velocita Energies, une entreprise française experte du développement, du financement, du déploiement et de l’exploitation des parcs éoliens, possédant un portefeuille de 450 MW de projets éoliens. "À ce jour, Velocita Energies a investi 300 millions d’euros dans le développement", a ajouté le PDG fièrement. Et Envision ne s'arrête pas là puisqu'il continue les investissements stratégiques. 

Pour l'entreprise chinoise tout s'accélère en 2018. Le groupe réalise un coup de maître en rachetant la filiale de Nissan - dont le constructeur nippon a conservé 20%- dédiée aux accumulateurs pour voitures électriques, AESC, rappelle le média spécialisé L'Usine Nouvelle. Avec cet achat, Envision se place parmi les mastodontes du marché de la fabrication de batteries. Mais l'entreprise chinoise ne veut pas s'arrêter là et souhaite faire grossir sa capacité. L'entreprise Envision possède trois usines au Japon, aux ­États-Unis et en ­Grande-Bretagne. "L'idée est bien sûr d'ouvrir l'éventail de clients. La société est ainsi sur les rangs pour approvisionner Jaguar-­Land Rover", explique dans le JDD, Sylvie Ouziel, une des dirigeantes du groupe chinois. 

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Aujourd'hui, l'entreprise compte plus de 2400 éoliennes dans le monde. Elle fournit également des logiciels utilisés dans plus de 6000 éoliennes en Amérique du Nord, en Europe, en Amérique latine et en Chine. Et l'ancienne start-up chinoise génère aujourd'hui un chiffre d'affaires de 12 milliards de dollars, rapporte Les Echos

Une dernière question demeure : pourquoi l'entreprise chinoise a-t-elle choisi la France pour implanter sa giga-usine ? "On avait, comme plan initial, d'élargir notre usine anglaise, pour ne faire une usine de 20 gigawatts. Puis, le Brexit s'est invité et a remis tous les plans à plat", répondait Sylvie Ouziel, en septembre dernier, au micro de BFMTV. La présidente d'Envision Digital ajoute aussi que la France bénéficie d'un "positionnement logistique intéressant avec beaucoup de villes portuaires" qui permettent de communiquer rapidement avec les pays voisins.

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