Etats-Unis : une amende record de 6,45 milliards d'euros pour la BNP-Paribas

Etats-Unis : une amende record de 6,45 milliards d'euros pour la BNP-Paribas

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ARGENT - Accusée d'avoir transgressé un embargo américain, la BNP-Paribas va payer une amende record à la justice des Etats-Unis. Un accord à l'amiable à été conclu lundi soir pour un montant de 6,45 milliards d'euros. La banque assure toutefois que ses clients seront épargnés.

La sanction est tombée lundi soir pour BNP Paribas. La banque française, accusée par la justice américaine d'avoir transgressé à de multiples reprises des embargos économiques américains  va devoir s'affranchir d'une amende record de neuf milliards de dollars (soit 6,5 milliards d'euros). Après des mois d'âpres négociations, les autorités américaines ont en effet annoncé les termes de l'accord qui permettra à la banque d'échapper à des poursuites judiciaires, dont l'amende fait partie.

Dans une lettre adressée à ses salariés vendredi, le directeur général de BNP-Paribas, Jean-Laurent Bonnafé, avait prévenu ses employés que la banque sera "lourdement sanctionnée" par les autorités américaines et reconnaît des "erreurs".

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Comment l'établissement va-t-il s'acquitter d'une telle somme ? Même amputée d'un à deux milliards, la sanction exigée par les autorités reste colossale. A titre de comparaison, la dernière banque à avoir subi les foudres de la justice américaine, Credit Suisse en mai dernier, n'avait dû payer "que" 2,6 milliards de dollars. La BNP a d'ailleurs été prise au dépourvu : elle avait mis de côté à peine plus d'un milliard de dollars pour régler ce litige.

Le bénéfice 2014 amputé

Il va donc désormais falloir réunir le nécessaire pour régler l'ardoise. Mais que l'on se rassure, les clients ne seront pas mis à contribution, assure-t-on chez BNP Paribas. "Les particuliers qui ont un compte chez nous, les entreprises qui nous ont confié leur trésorerie, aucun d'entre eux ne sera affecté", martèle pour metronews un porte-parole. C'est dans ses bénéfices que devrait aller piocher la banque. Ceux-ci sont en effet suffisamment élevés pour supporter un tel choc : ils étaient de six milliards d'euros en 2013 et de 6,6 milliards en 2012. Ce seraient alors les actionnaires qui pourraient faire les frais de l'amende, s'ils devaient renoncer à leur dividende.

In fine, l'opération ne devrait pas fragiliser BNP Paribas. Jean-Laurent Bonnafé l'a souligné dans sa lettre aux employés de la banque : "Cette difficulté que nous traversons ne devra pas impacter notre feuille de route". Il faut dire que la banque est considérée par les observateurs comme l'une des plus solides d'Europe, et dispose de près de 250 milliards d'euros de liquidités en réserve. De quoi faire le gros dos en attendant que l'orage passe.

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