Exploitation des enfants : Amnesty critique l'opacité de Renault sur l'utilisation de cobalt

Exploitation des enfants : Amnesty critique l'opacité de Renault sur l'utilisation de cobalt

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DOUTES - L'organisation de défense des droits humains critique ouvertement la façon qu'a la firme automobile de ne pas répondre à ses questions relatives à ses pratiques pour exploiter le cobalt, matériau essentiel au façonnage de ses moteurs électriques. Amnesty International a publié une lettre ouverte en ce sens, adressée à Carlos Ghosn.

"Votre groupe a été particulièrement évasif dans ses réponses à Amnesty International, ce qui empêche notre organisation d'évaluer de façon précise les pratiques de Renault dans l'utilisation du cobalt et la rigueur dont elle fait preuve ou pas pour vérifier qu'il n'y ait pas de violations de droits humains tout au long de la chaîne". C'est le constat, cinglant, qui figure dans la lettre ouverte adressé par Amnesty International à Carlos Ghosn, patron de Renault.

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"Il es temps d'assumer la responsabilité"

Les inquiétudes de l'organisation non-gouvernementale de défense des droits humains visent tout particulièrement l'exploitation des enfants en République démocratique du Congo, pays africain dont provient, selon les sources, 50 à 60% des besoins mondiaux en cobalt, cette matière essentielle à la fabrication des batteries de voiture électrique (de 5 à 15kg sont nécessaires pour chaque unité). Or, rappelle Amnesty, qui a suivi "le parcours du cobalt" depuis les mines dont il est extrait "dans des conditions épouvantables" jusqu'aux chaînes de production, "il est fort probable que le cobalt extrait par des enfants soit utilisé dans les batteries de voitures électriques".

Une tendance qui risque de s'accroître, alors que la proportion de cobalt congolais dans la production mondiale pourrait encore grimper. Tout comme les besoins de ce minerai, au vu des politiques publiques engagées pour remplacer les moteurs diesel et essence par des moteurs électriques. Et contre laquelle l'ONG somme les firmes et la communauté internationale d'agir... et plus particulièrement Renault, à qui Amnesty reproche également de n'avoir "toujours pas démontré qu'elles prenaient des mesures appropriées pour garantir que [ses] produits ne comportent pas de cobalt extrait par des enfants" et de ne même pas chercher à savoir comment il est extrait Et d'ajouter, à l'adresse du puissant PDG du groupe automobile : "Il est temps d'assumer la responsabilité de la provenance de ces matières premières qui composent ces produits lucratifs."

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