Quand des kiosques fermés se recyclent en marchands de légumes d'"ultra-proximité"

À Meudon, un kiosque transformé en libre-service de produits frais.

RECONVERSION - Pour rendre une utilité à certains kiosques fermés, JCDecaux tente une expérience : les transformer en libre-service de proximité, de produits frais en circuit court. Et ça marche déjà...

À l'heure où les kiosques qui ferment sont devenus monnaie courante, en voir un relever son rideau de fer a de quoi surprendre, assez pour en faire un petit événement. C'est ce qu'ont pu constater les habitants du centre-ville de Meudon (Hauts-de-Seine), en voyant rouvrir le kiosque situé à un jet de pierre de la gare, resté fermé pendant près de trois ans. Détail : ici, quotidiens, magazines, timbres et petits bonbons ont disparu. Le kiosque de Meudon est devenu un libre-service de produits frais.

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L'expérimentation est signée MediaKiosk, filiale de JCDecaux, qui opère près de 800 kiosques en France, dont tous les kiosques parisiens. Mais ici, à la place des rayonnages de périodiques, 76 casiers connectés - et réfrigérés en cas de besoin - contenant notamment des fruits et légumes de saison ou des paniers apéritif. Un libre-service ouvert 7 jours sur 7, de 6h à 22h30... ou à l'heure du couvre-feu ces jours derniers. 

"Cela répond à plusieurs besoins", explique à LCI Marc Bollaert, le directeur de MediaKiosk, "les gens sont très demandeurs de service d'ultra-proximité, au moment où on leur promet la 'ville du quart d'heure'".

Des clients "enchantés"

Pour MediaKiosk, l'initiative permet de rendre vie à des espaces commerciaux de choix. Un kiosque n'est jamais placé au hasard, toujours très visible, à un endroit stratégique à fort passage piéton, pour se trouver sur leur chemin habituel, ou générer des achats d'impulsion. Ici, les Meudonnais pourront acheter des paniers de fruits et légumes de saison, des œufs, des jus de fruits frais, le tout en circuit court. 

Pour ce faire, MediaKiosk s'est allié à La Clayette, une toute jeune entreprise créée à l'été dernier, dont le fondateur Nicolas Drique... est aussi l'unique employé. C'est lui qui assure le réassort quotidien des produits du kiosque, avec "des produits qui viennent de fermes à moins de 200 kilomètres de Paris", dans une démarche volontiers militante. "La durabilité, il faut qu'elle soit globale, à la fois environnementale et humaine", explique à LCI le jeune entrepreneur. "Le fait d'avoir un casier connecté permet de s'affranchir de la commande en ligne, de voir le produit que l'on va pouvoir acheter instantanément, et ça règle le problème de la livraison du dernier kilomètre."

Un kiosquier qui ne vend que de la presse, il n'y en a plus beaucoup en France.- Marc Bollaert, Directeur de MediaKiosk

Pour MediaKiosk, si le kiosque à légumes est une première, d'autres kiosques fermés ont déjà trouvé de nouvelles affectations. Certains sont devenus des marchands de fleurs, des écaillers, des marchands de glaces, ou des guichets de conciergerie de centre-ville. Depuis 2019, selon l'Association pour l'Avenir des Diffuseurs de Presse (AADP), entre 1000 et 1500 points de vente de journaux ont fermé, sur les 21.500 que comptait le pays.

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Pour autant, l'entreprise croit toujours dans l'avenir des kiosques. "On en a 300 rien qu'à Paris, et même si la presse papier baisse structurellement, on a constaté sur l'année écoulée une très forte attente, les gens avaient besoin d'information, et de choses à lire alors que les librairies étaient fermées."

Les kiosques restés ouverts pendant les deux confinements de 2020 auraient même constaté une hausse de chiffre d'affaires, "au moins ceux dont la fréquentation ne dépendait pas du tourisme ou de la fréquentation des bureaux." Une activité souvent devenue hybride : nombre de kiosquiers vendent des boissons, ou valident les bulletins du PMU ou de la Française des Jeux. "Un kiosquier qui ne vend que de la presse, il n'y en a plus beaucoup en France", reconnaît Marc Bollaert.

En attendant, en quelques jours seulement, le kiosque à légumes de Meudon semble avoir trouvé son public. "Les gens étaient enchantés du concept, de la qualité, de la praticité", se réjouit Nicolas Drique, qui pense déjà à embaucher si JCDecaux envisage de reproduire l'expérience pour rouvrir d'autres kiosques. "Pour l'instant c'est une première, un test", tempère Marc Bollaert. "Mais cela a vocation à essaimer ailleurs, ne serait-ce qu'au vu des premiers résultats : sur les deux premiers jours, le kiosque a réalisé plus de 230 ventes. Et d'autres villes nous le demandent déjà..."

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