Fessenheim : le conseil d'administration d'EDF a tranché, la centrale va fermer

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NUCLÉAIRE - Le conseil d’administration d’EDF a approuvé l'accord d'indemnisation du groupe par l'Etat en contrepartie de la fermeture de la centrale nucléaire de Fessenheim. Ségolène Royal, ministre de l'Environnement a déclaré que cette décision était "équilibrée" et "prise dans l'intérêt d'EDF" et du territoire du Haut-Rhin.

La centrale nucléaire de Fessenheim va donc fermer. Le vote du conseil d'administration d'EDF a validé l'accord d'indemnisation de l'Etat au fournisseur d'électricité, avec 6 votes pour et 6 votes contre. La voix comptant double du PDG du groupe Jean-Bernard Lévy a fait pencher la balance en faveur de l'approbation.


Une indemnisation à hauteur de 466 millions d’euros, dont un premier versement de 100 milions d’euros sera attribué au moment de l’arrêt de la centrale va donc être assuré par l'Etat, contre l'arrêt des deux réacteurs nucléaires de 900 mégawatts. La date précise de la fermeture du site alsacien sera annoncée lors d'un prochain conseil d'administration.

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La fermeture de Fessenheim, une promesse de campagne de François Hollande

La promesse de campagne de François Hollande sera donc tenue, même si la fermeture de la centrale devrait intervenir à l’horizon 2018, quand l’EPR de Flamanville entrera en action. Le Président avait évoqué un arrêt en 2016 lors de sa campagne présidentielle. 


Parmi les 18 administrateurs qui ont voté, les six représentants des salariés, fermement opposés à la fermeture du site, se sont exprimés contre l'indemnisation, tandis que les six administrateurs désignés par l'Etat (actionnaire d'EDF à 85%) ne pouvaient pas voter en raison d'une situation de conflit d'intérêt.

Quelle reconversion pour la centrale ?

Ce mardi, Ségolène Royal, ministre de l'Environnement a évoqué cette fermeture en ces termes : "Je salue la décision équilibrée du conseil d'administration d'EDF qui va permettre de nouveaux investissements industriels franco-allemands sur le territoire du Haut-Rhin", a indiqué Mme Royal. "Elle va permettre le maintien de l'emploi et la mutation du site puisque de toute façon, l'autorisation de fonctionner de Fessenheim n'était valide que jusqu'au 31 décembre 2022", a-t-elle ajouté auprès de nos confrères de l'AFP. Mais de quelle mutation parle-t-on ? 


Parmi les pistes de reconversion du site, la ministre a évoqué l'éventuelle installation d'une usine de voitures électriques Tesla, un projet d'usine de batteries de troisième génération ou encore la création d'un site pilote de démantèlement de centrales. "C'est la meilleure décision pour que l'entreprise rationalise ses investissements et respecte la loi de transition énergétique", a-t-elle précisé. La loi de transition énergétique prévoit de ramener de 75% environ à 50% la part du nucléaire dans la production d'électricité en France, dans le cadre de capacités nucléaires plafonnées à leur niveau actuel de 63,2 gigawatts. 

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