Fin de la taxe d'habitation : les villes qui comptent de nombreuses résidences secondaires gagnantes ?

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IMPÔTS - Alors que la taxe d'habitation est vouée à disparaître d'ici 2020, le gouvernement a annoncé que les propriétaires de résidences secondaires continueront à la payer. Pour les villes qui comptent une majorité de résidences secondaires, c'est une ressource importante, surtout si elles se trouvent en zone tendue.

Finalement, la taxe d'habitation ne disparaîtra pas pour tout le monde, et ça pourrait en arranger certains. Une source à l'Élysée a en effet indiqué ce mardi que les propriétaires de résidences secondaires continueront à payer la taxe d’habitation, supprimée pour les résidences principales d'ici à 2020.


Alors qu'un logement sur 10 est une résidence secondaire, celles-ci se concentrent dans quelques zones bien précises en France : sur les côtes et en montagne. Comme le montre cette carte de l'Insee, les communes comptant plus de 50% de résidences secondaires (coloriées en orange foncé) sont situées sur le littoral atlantique et méditerranéen, en Corse ainsi que sur les zones montagneuses : Alpes, Pyrénées et Massif central.

À l'aide des données de l'Insee, nous avons analysé les communes qui comptent le plus de résidences secondaires, à la fois en nombre et en proportion. Dans l'absolu, c'est Paris qui en compte le plus, de très loin. La capitale est suivie par des villes de la côte méditerranéenne, qui abritent en proportion beaucoup plus de résidences secondaires.

Les villes qui comptent le plus de résidences secondaires (2014)

  • 1Paris

    107.062 résidences secondaires (8%)

  • 2Agde

    33.297 résidences secondaires (70%)

  • 3Cannes

    30.389 résidences secondaires (42%)

  • 4Nice

    29.298 résidences secondaires (13%)

  • 5Antibes

    19.941 résidences secondaires (32%)

  • 6Le Grau-du-Roi

    19.051 résidences secondaires (80%)

  • 7Fréjus

    15.646 résidences secondaires (38%)

  • 8Saint-Raphaël

    15.478 résidences secondaires (45%)

  • 9La Grande-Motte

    15.245 résidences secondaires (74%)

  • 10Leucate

    13.574 résidences secondaires (85%)

Des villes françaises comptent même plus de 90% de résidences secondaires. Si l'on ne prend en compte que celles qui en comptent au moins 1.000, il apparaît que bon nombre d'entre-elles sont situées dans les Alpes. Exemple : Puy-Saint-Vincent, une commune des Hautes-Alpes, peuplée de 282 habitants, qui compte 136 résidences principales pour 2.714 résidences secondaires, soit 95% de ses logements non vacants. 


Un phénomène illustré par Les Échos, qui fait figurer en rouge sur la carte ci-dessous les communes qui comptent une majorité de résidences secondaires. Celles-ci se trouvent effectivement dans les Alpes, sur la côte atlantique et la côte d'améthyste, entre Montpellier et Perpignan. Des zones moins peuplées, contrairement à la côte d'azur ou aux grandes agglomérations, qui comptent plus de résidences secondaires mais en plus faible proportion.

Au niveau national, la taxe d'habitation sur les résidences secondaires représente environ 2,5 milliards d'euros par an, soit un peu plus de 10% des recettes de la taxe d'habitation. Mais pour ces communes qui apparaissent en rouge, c'est beaucoup plus. Les villes qui abritent une majorité de résidences secondaires seraient donc logiquement les moins affectées par la disparition progressive de la taxe d'habitation pour les résidences principales. Dans un premier temps, ces communes seraient assurées de conserver de substantielles recettes fiscales.

Qu'en est-il des communes qui abritent moins de résidences secondaires en proportion, mais qui sont plus peuplées ? Pour certaines, elles pourront compenser leur baisse de recettes en surtaxant les résidences secondaires. Il faut pour cela que ces communes fassent parties de 28 zones tendues définies par la loi Alur. Cette loi permet à des agglomérations de plus de 50 000 habitants, dans lesquelles le marché est "particulièrement déséquilibré", d'appliquer une taxe d'habitation majorée de 5 à 60% sur les résidences secondaires. Vous pouvez savoir si votre commune est en zone tendue sur cette page.

Avant même que la disparition de la taxe d'habitation soit annoncée, plusieurs grandes villes avaient déjà décidé de surtaxer les résidences secondaires. Depuis le 1er janvier 2017, les collectivités locales peuvent majorer de 60% la taxe d'habitation pour ces résidences. C'est le taux que Paris a choisi d'appliquer, mais aussi Nice ou Saint-Nazaire. À Bordeaux, Alain Juppé veut la porter à 50%. 


Reste que cette surtaxe, si elle peut assurer des revenus fiscaux à certaines communes, a été mise en place pour que les propriétaires de résidences secondaires mettent en location longue leur bien, ou le vendre afin de détendre le marché immobilier.

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