Fin du conflit en Guyane : le gouvernement "acte" les 2,1 milliards supplémentaires réclamés par les contestataires

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OUTRE-MER – Plus d’un mois après le début de la grogne en Guyane, un accord de fin de conflit a été signé vendredi. Le gouvernement y "acte" notamment les 2,1 milliards supplémentaires réclamés par le collectif "Pou la Gwiyann dékolé".

"Une journée déterminante pour l’avenir de la Guyane". Ericka Bareigts, ministre des Outre-mer, a salué la signature vendredi soir d'un accord de fin de conflit entre l'Etat, les élus et le collectif "Pou la Gwiyann dékolé" qui pilotait la mobilisation. Dans cet accord, le gouvernement "acte" notamment les 2,1 milliards supplémentaires réclamés par le collectif, estimant que le plan d’urgence - d’un peu plus d’un milliard d’euros - initialement validé n’aurait pas permis au territoire d’Outre-mer de rattraper son retard sur la métropole. En actant les 2,1 milliards d'euros réclamés, l'Etat s'engage a ce qu'ils fassent "l'objet d'un examen prioritaire pour mettre en œuvre un plan additionnel", a expliqué la ministre dans un communiqué (voir ci-dessous). 

A Cayenne, le porte-parole du collectif, Davy Rimane, a également salué la signature de l'accord. "On a réussi à ce que le protocole paraisse au journal officiel. Maintenant on pourra travailler avec ce document et aller en justice si on n'est pas satisfaits". De son côté, Olivier Goudet, membre du mouvement des "500 frères contre la délinquance", se montre toutefois plus nuancé : "Une fois que le prochain gouvernement sera en place, dès le premier jour, on va entrer en action. L’Etat nous doit sept milliards et pas deux". 

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Les barrages levés

Par rapport aux premiers accords arrêtés à Cayenne le 1er avril, ce texte présente toutefois peu d’évolutions. Le gouvernement donne notamment son feu vert pour la construction d’une "cité judiciaire à Cayenne". Il accepte aussi que la question de la "rétrocession totale" des terres soit discutée "lors des prochains états généraux de la Guyane". 

Sur le foncier, l'Etat s'engage également "à céder gratuitement 250.000 hectares à la Collectivité Territoriale Guyanaise et aux communes de Guyane", et 400.000 hectares aux Amérindiens et Bushinengués. Il prend également acte du fait que l’Etat "fera l’objet d’une saisine, par le congrès des élus" locaux, sur une "évolution statutaire" du territoire. Le collectif a aussi obtenu la garantie qu'il n'y aurait aucune poursuite  envers "les signataires de l'accord". 

A noter que les barrages routiers, qui paralysaient l’économie, ont été levés à l'exception pour l'instant de celui bloquant la fusée Ariane à Kourou. Des militants sur place réclament "un courrier de la ministre de la Santé" pour acter par écrit "le passage en secteur public du Centre médico-chirurgical de Kourou".

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