Finances publiques : comment l'exécutif prépare l'après-Covid, et la fin des aides d'urgence

Le Ministère de l'Économie et des Finances, à Bercy

BUDGET - Une commission d'experts mise en place par Jean Castex a commencé ses travaux, ce vendredi. Ils sont chargés de trouver des pistes pour 2022, un après-crise sanitaire aux répercussions économiques durables. En parallèle, les premières aides exceptionnelles prendront fin dès le 31 décembre.

À Bercy, la démarche est une première. Le ministère du Budget et des Comptes publics, d'ordinaire jaloux de ses choix et de ses arbitrages au moment de la rédaction du budget, va s'entourer d'un collège d'experts pour imaginer pour les deux années à venir des solutions inédites à une crise sans précédent. C'est là la mission de la "Commission sur l'avenir des finances publiques", que Matignon vient d'installer ce vendredi, présidée par Jean Arthuis, qui fut dans les années 90 successivement rapporteur du budget au Sénat, et ministre des Finances sous Jacques Chirac, alors que se préparait le passage à l'euro. Jean Castex attend beaucoup de son expérience, pour effectuer le "travail d'anticipation" assigné à la commission. 

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Dans le même temps, signe que l'exécutif table sur une sortie de l'urgence sanitaire, certaines aides du Fonds de solidarité vont s'éteindre dès la fin de cette année. C'est le cas de l'aide mensuelle de 1500 euros offerte aux entreprises dont le chiffre d'affaires a baissé de plus de 50% depuis le premier confinement. Dans une interview à BFM ce vendredi matin, Bruno Le Maire prévient : ce fonds de solidarité "ne sera pas poursuivi après le 31 décembre parce que les activités économiques auront repris". Un dispositif généralisé qui s'éteint, au profit d'aides plus ciblées. Ainsi, les entreprises frappées par une fermeture administrative continueront de pouvoir toucher une indemnité de 10.000 euros par mois, ou de 20% de leur chiffre d'affaires de l'année dernière, au choix. "Il est normal qu'on passe d'un soutien universel parce que la pandémie touche tout le monde [...] à un soutien davantage ciblé", justifie le ministre.

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Si Emmanuel Macron promettait en février que l'État soutiendrait l'économie "quoiqu'il en coûte", il ne s'était pas engagé sur un calendrier. Aujourd'hui, après un second confinement, l'exécutif concentre son attention sur le trou béant que les conséquences de la crise sanitaire laisse dans les comptes publics, surtout certaines de ses mesures-phares. Ainsi, le dernier budget rectifié pour 2020 prévoyait 20 milliards d'euros de dépenses pour le Fonds de solidarité, qui est le deuxième poste d'aides d'urgence après le chômage partiel avec 34 milliards. Autant de dépenses exceptionnelles qui viennent abonder une dette qu'il "faudra rembourser", avertissait Bruno Le Maire sur le plateau de LCI cette semaine.

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"Il faut rembourser la dette" : Bruno Le Maire esquisse la fin du "quoi qu'il en coûte"

Des scénarios, mais pas de hausse d'impôts

Dans la quinzaine de personnalités qui constituent la commission d'experts voulue par Bercy et Matignon, on trouve des économistes, un magistrat de la Cour des Comptes, le directeur général de l'INSEE Jean-Luc Tavernier, mais aussi le PDG d'Aéroports de Paris Augustin de Romanet, l'ex-ministre de la Santé Marisol Touraine, ou encore Laurence Parisot, ancienne présidente du Medef. La commission devra proposer des scénarios de rétablissement des finances publiques à moyen terme, des propositions de gestion de la dette issue de la crise du Covid, ainsi que des recommandations pour améliorer l'efficacité du pilotage des finances publiques. 

Parmi certains scénarios envisagés, celui du cantonnement de la dette, qui l'isolerait du reste de la dette publique, comme une dépense exceptionnelle. Seul interdit, a prévenu Matignon: "Respecter la priorité du gouvernement de tenir la trajectoire fiscale, notamment les baisses d'impôts". Une éventuelle hausse d'impôts, même sur les hauts revenus, "est écartée d'emblée". Pour rendre leurs propositions, les experts auront moins de trois mois. Leur rapport est attendu d'ici la fin février, pour que le gouvernement puisse s'en saisir en vue de la préparation du budget 2022.

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