L'Assemblée autorise la privatisation de la Française des jeux

L'Assemblée autorise la privatisation de la Française des jeux

ECONOMIE
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BUDGET - Les députés de la majorité ont voté jeudi 4 octobre la privatisation de la Française des Jeux (FDJ) dans le cadre du projet de loi Pacte. Et ce, malgré de vives critiques de l'opposition.

La Française des Jeux passe sous pavillon privé. L'Assemblée nationale a autorisé, jeudi 4 octobre, la privatisation de la FDJ dans le cadre du projet de loi Pacte. Cette cession - et d'autres, notamment le groupe aéroportuaire ADP - doit servir à alimenter un fonds de 10 milliards d'euros pour l'innovation de rupture, lancé en début d'année par le gouvernement. 


En première lecture, les députés ont voté, par 48 voix contre 12, l'article du projet de loi qui permet le transfert au privé de la majorité du capital de la FDJ, actuellement détenu à 72% par l'Etat, celui-ci devant conserver "au minimum" 20% des parts, selon le ministre de l'Economie Bruno Le Maire. La FDJ détient en France le monopole des jeux de tirage et de grattage. Le texte maintient ce monopole mais pour une durée limitée à 25 ans. Il pose aussi le principe d'une refonte de la régulation des jeux d'argent et de hasard par ordonnances, celle-ci devant précéder la privatisation. La FDJ, dont la privatisation n'est pas attendue avant 2019, a enregistré 15,1 milliards d’euros de mises en 2017. L'Etat empoche chaque année plus de trois milliards d'euros prélevés sur les mises des 26 millions de joueurs, une manne qui sera maintenue.

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"Aberration économique"

L'Assemblée avait auparavant donné son feu vert à l'Etat pour procéder à la vente de tout ou partie des actifs qu'il détient dans Aéroports de Paris (ADP). Ces cessions, auxquelles doit s'ajouter celle d'actifs d'Engie (ex-GDF), doivent servir à alimenter un fonds de 10 milliards d'euros pour l'innovation de rupture, et une partie pourrait également être consacrée au désendettement de l'État.


Comme pour ADP, les groupes d'opposition ont vivement dénoncé cette privatisation. Pour le groupe LR, Daniel Fasquelle a notamment dénoncé une "opération court-termiste" et Fabien Di Filippo une "aberration économique". A gauche, l'Insoumis Alexis Corbière s'est dit "radicalement opposé" à cette privatisation qui est "une mauvaise opération" financière, invoquant notamment "les désastres" de l'addiction aux jeux. 


Bruno Le Maire a assuré en retour que le gouvernement entendait "réguler davantage" le jeu, mais a tenu à "déconnecter complètement" cet aspect de la privatisation. Il a observé que les jeux avaient "explosé", alors que l'entreprise était publique, avec une hausse de "64% de chiffre d'affaires en dix ans".  Le fichier des interdits de jeux sera "amélioré", a-t-il insisté, le texte prévoyant en outre que les buralistes pourront demander leur carte d'identité aux mineurs. Il y aura une autorité de régulation "parfaitement indépendante", mais au moins dans un premier temps, les casinos resteront sous l'autorité du ministère de l'Intérieur, a précisé le ministre, alors que des élus plaidaient pour inscrire dans la loi une autorité unique.

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